La canicule est officiellement atteinte lorsque la température dépasse les 25 degrés pendant cinq jours consécutifs, avec au moins trois jours lors desquels une température de minimum 30 degrés est relevée. La vague de chaleur exceptionnelle que subit l'hémisphère nord, avec son lot d'incendies en Grèce et en Scandinavie, est appelée à devenir de plus en plus banale avec le réchauffement de la planète, selon les experts.

Le 26 juillet le plus chaud jamais enregistré en Belgique

Le mercure a atteint les 34°C jeudi vers 14h30 à l'observatoire d'Uccle, faisant de ce 26 juillet le plus chaud jamais enregistré en Belgique, a indiqué le météorologue David Dehenauw.

Jusqu'à présent, le 26 juillet le plus chaud datait de 2006, avec 33,5°C. Vendredi/demain pourrait également battre un record, le 27 juillet 1928 ayant enregistré 32,4°C.

"L'année dernière également nous avons connu une vague de chaleur en Belgique, durant le mois de juin. L'une des plus longues canicules date de l'été 1976, lorsque les températures ont dépassé les 30°C durant 15 jours d'affilée. La vague de chaleur avait alors duré 17 jours, ce qui était également le cas en 1997. Le mois de juillet le plus chaud reste pour l'instant celui de 2006, lorsque la canicule avait duré 16 jours et le mercure avait atteint en moyenne les 23°C", a détaillé M. Dehenauw.

La vague de chaleur que nous connaissons actuellement a en réalité commencé le 23 juillet car, depuis ce jour-là, la température maximale n'est jamais descendue en dessous des 25°C à Uccle. "C'est possible que nous battions un nouveau record mais les prévisions de samedi et mardi de la semaine prochaine sont respectivement de 26°C et 25°C. Cela reste toutefois des prévisions, qui peuvent varier de quelques degrés", a conclu le météorologue.

Une chaleur exceptionnelle ?

En Grèce, où les incendies ont fait plus de 70 morts selon le dernier bilan, des températures élevées sont habituelles en été.

Mais la situation est exceptionnelle pour l'Europe du Nord, où l'Organisation météorologique mondiale (OMM) prévoit des températures supérieures à la normale jusqu'à début août, de l'Irlande aux pays Baltes en passant par la Scandinavie.

Les températures ont déjà atteint les 30°C au niveau du cercle polaire. La Suède notamment, qui a dû faire appel à la solidarité européenne pour lutter contre le feu, connaît le mois de juillet le plus chaud depuis au moins deux siècles et demi.

Phénomène extraordinaire aussi au Japon, où les températures ont excédé 35°C par endroit la semaine dernière, faisant 80 morts. La Sibérie a également été touchée, tout comme les Etats-Unis, avec des températures dépassant 40°C à Los Angeles début juillet.

"Généralement, il y a des vagues de chaleur sur une partie de la planète (...), mais là, la totalité de l'hémisphère nord a chaud, c'est stupéfiant", explique à l'AFP Anders Levermann, climatologue au Postdam Institute for Climate Impact Research (PIK).

Le changement climatique est-il responsable ?

"Chaque événement individuel est très difficile à attribuer directement aux activités humaines", explique à l'AFP le climatologue français Jean Jouzel.

Mais les récents épisodes "sont compatibles avec les tendances à long terme causées par l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre", estime l'OMM.

"Nous aurions de toute façon eu un été chaud et sec mais, vu que la planète est aujourd'hui un degré plus chaude qu'elle ne l'était il y a 100 ans, (la chaleur et la sécheresse) sont pires que ce qu'elles auraient été autrement", a de son côté indiqué Bjørn Samset, du Centre norvégien de recherche sur le climat CICERO, sur la chaîne norvégienne NRK.

A posteriori, des recherches peuvent être menées pour estimer si un événement aurait pu ne pas se produire sans le changement climatique. Ainsi, en décembre dernier, pour la première fois, une étude publiée dans le "Bulletin of the American Meteorological Society" concluait que le réchauffement était le seul responsable du record de chaleur global pour 2016 et d'une canicule extrême en Asie.

Mais alors que les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur Terre, "la question la plus importante est: +Verrons-nous (ces événements extrêmes) plus souvent si nous ne réduisons pas les émissions de CO2+", insiste auprès de l'AFP Anders Levermann. Et la réponse est "oui".

Quelles prévisions pour les prochaines décennies ?

Selon le rapport du groupe des experts climat de l'ONU (Giec) de 2012, les modèles "prévoient une intensification lors des prochaines décennies" des épisodes extrêmes.

Même si le monde respecte l'Accord de Paris qui vise à limiter le réchauffement moyen au pire à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, les sécheresses, canicules, inondations et ouragans risquent de se multiplier, de s'intensifier et de s'étendre à des territoires nouveaux.

Selon une étude parue en 2017 dans Nature Climate Change, même en respectant les engagements de Paris, la moitié de la population mondiale sera exposée à des vagues de chaleur meurtrières d'ici 2100, contre environ 30% aujourd'hui.

"Chaque année, nous aurons des températures record qui seront battues, une fois en Russie, l'autre fois en France ou au Japon (...)", souligne Jean Jouzel. Les canicules comme 2003 -- 70.000 morts en Europe -- "risquent de devenir la norme après 2050 ou 2060", poursuit-il.

Avec l'air plus chaud et la végétation plus sèche, les feux sont également appelés à se multiplier.

Selon la Commission européenne, 2017 a été l'une des pires années pour les incendies en Europe, avec 800.000 hectares brûlés au Portugal, en Espagne et en Italie. Et une étude européenne (PESETA II) estime que les surfaces susceptibles de brûler en Europe du Sud pourraient augmenter de 50% à plus de 100% au cours du XXIe siècle, selon l'intensité du réchauffement.

La canicule persiste en Europe

Plusieurs pays d'Europe suffoquaient jeudi sous des températures record, notamment dans le nord du continent où la canicule s'étendait pendant que la Grèce comptait ses morts après l'incendie le plus dévastateur de son histoire récente.

- Grèce -

Attisé par des vents violents et facilité par un temps sec et très chaud, le feu qui a dévasté lundi des villages situés à l'est d'Athènes a fait 82 morts et plus de 100 blessés, selon un nouveau bilan des pompiers qui ont annoncé jeudi la découverte d'une victime supplémentaire. Selon la chaîne publique ERT, seule une trentaine de corps ont été identifiés pour le moment et les légistes tentaient de mettre un nom sur des dizaines de corps.

Le gouvernement a annoncé mercredi des mesures d'urgence pour les sinistrés, avec le versement d'indemnités et des exonérations. Les obsèques des victimes seront prises en charge.

La pluie est attendue dans les jours à venir.

Des averses violentes ont déjà provoqué jeudi des inondations dans les banlieues nord d'Athènes, sans toutefois faire de victimes, selon les pompiers.

- Suède

Le thermomètre devrait continuer à se maintenir aux alentours 30°C -avec des pics attendus à 33°C- dans le sud-ouest et le centre-ouest de la Suède, touchée par d'importants incendies.

L'Agence suédoise de la protection civile a recensé jeudi matin 23 foyers actifs sous contrôle, deux fois moins que la semaine dernière. Des pluies sont annoncées pour le week-end. D'ici là, les autorités interdisent d'allumer des feux ou des barbecues.

Pas moins de 25.000 hectares, dont 13.000 dans la seule région de Kårböle (centre) sont partis en fumée ou continuent de se consumer.

Deux avions italiens bombardiers d'eau envoyés en renfort la semaine dernière en Suède quitteront le pays ce week-end pour être redéployés en Grèce, ont annoncé les autorités.

- Royaume-Uni

Le Royaume-Uni connaît sa pire canicule depuis des décennies. Vendredi, le record de 38,5 degrés enregistré en Angleterre en 2003 pourrait être battu, dépassant celui établi en 2003. L'Ecosse a d'ores et déjà enregistré un record de 33,2 degrés à Motherwell.

Il n'y a pas eu de pluie soutenue dans le sud-est de l'Angleterre depuis le 29 mai, relève la météo.

Des restrictions d'eau ont été instaurées en Irlande du Nord fin juin et devraient s'étendre au nord-ouest de l'Angleterre à partir du 5 août.

- France

Météo-France maintient ce jeudi 18 départements en vigilance orange canicule alors que le thermomètre doit atteindre 34 à 37 degrés, avec des pointes "localement (à) 38 degrés". Les fortes chaleurs ont une incidence sur la consommation électrique qui a enregistré un pic quasi-record à la mi-journée, en raison du recours aux climatiseurs et ventilateurs.

Conséquence des fortes chaleurs et du trafic routier, le tiers Est du pays est touché par une pollution à l'ozone.

- Allemagne

Des températures pouvant aller jusqu'à 38° sont attendues jeudi en Allemagne et fait inhabituel, les températures ne sont quasiment pas tombées sous les 20° la nuit précédente.

En Basse-Saxe (nord), une éleveuse de porcs a même mis à disposition de ses 875 bêtes huit baignoires pour qu'elles se rafraîchissent, selon l'agence Dpa.

- Pays-Bas

L'Institut royal météorologique néerlandais a officiellement décrété jeudi une vague de chaleur, une première depuis trois ans. La canicule, qui dure depuis 12 jours, est la sixième plus longue depuis 1901.

Les autorités néerlandaises se préparent à une pénurie d'eau dans plusieurs endroits du pays, particulièrement dans l'est et le sud.

- Suisse

Selon Météo Suisse, pas de canicule, même s'il fait très chaud. Les autorités relève toutefois que le risque d'incendie de forêt est "très fort" et plusieurs cantons ont interdit les feux en plein air, en vue notamment de la fête nationale du 1er août.

- Bulgarie

En Bulgarie, l'actualité est marquée au contraire par des inondations. La ville de Pridop (centre) a été brièvement placée en état d'urgence mercredi soir après de très fortes précipitations, inhabituelles en cette saison.

La canicule est officiellement atteinte lorsque la température dépasse les 25 degrés pendant cinq jours consécutifs, avec au moins trois jours lors desquels une température de minimum 30 degrés est relevée. La vague de chaleur exceptionnelle que subit l'hémisphère nord, avec son lot d'incendies en Grèce et en Scandinavie, est appelée à devenir de plus en plus banale avec le réchauffement de la planète, selon les experts.Le mercure a atteint les 34°C jeudi vers 14h30 à l'observatoire d'Uccle, faisant de ce 26 juillet le plus chaud jamais enregistré en Belgique, a indiqué le météorologue David Dehenauw. Jusqu'à présent, le 26 juillet le plus chaud datait de 2006, avec 33,5°C. Vendredi/demain pourrait également battre un record, le 27 juillet 1928 ayant enregistré 32,4°C. "L'année dernière également nous avons connu une vague de chaleur en Belgique, durant le mois de juin. L'une des plus longues canicules date de l'été 1976, lorsque les températures ont dépassé les 30°C durant 15 jours d'affilée. La vague de chaleur avait alors duré 17 jours, ce qui était également le cas en 1997. Le mois de juillet le plus chaud reste pour l'instant celui de 2006, lorsque la canicule avait duré 16 jours et le mercure avait atteint en moyenne les 23°C", a détaillé M. Dehenauw. La vague de chaleur que nous connaissons actuellement a en réalité commencé le 23 juillet car, depuis ce jour-là, la température maximale n'est jamais descendue en dessous des 25°C à Uccle. "C'est possible que nous battions un nouveau record mais les prévisions de samedi et mardi de la semaine prochaine sont respectivement de 26°C et 25°C. Cela reste toutefois des prévisions, qui peuvent varier de quelques degrés", a conclu le météorologue.En Grèce, où les incendies ont fait plus de 70 morts selon le dernier bilan, des températures élevées sont habituelles en été. Mais la situation est exceptionnelle pour l'Europe du Nord, où l'Organisation météorologique mondiale (OMM) prévoit des températures supérieures à la normale jusqu'à début août, de l'Irlande aux pays Baltes en passant par la Scandinavie.Les températures ont déjà atteint les 30°C au niveau du cercle polaire. La Suède notamment, qui a dû faire appel à la solidarité européenne pour lutter contre le feu, connaît le mois de juillet le plus chaud depuis au moins deux siècles et demi.Phénomène extraordinaire aussi au Japon, où les températures ont excédé 35°C par endroit la semaine dernière, faisant 80 morts. La Sibérie a également été touchée, tout comme les Etats-Unis, avec des températures dépassant 40°C à Los Angeles début juillet."Généralement, il y a des vagues de chaleur sur une partie de la planète (...), mais là, la totalité de l'hémisphère nord a chaud, c'est stupéfiant", explique à l'AFP Anders Levermann, climatologue au Postdam Institute for Climate Impact Research (PIK)."Chaque événement individuel est très difficile à attribuer directement aux activités humaines", explique à l'AFP le climatologue français Jean Jouzel.Mais les récents épisodes "sont compatibles avec les tendances à long terme causées par l'augmentation des concentrations de gaz à effet de serre", estime l'OMM."Nous aurions de toute façon eu un été chaud et sec mais, vu que la planète est aujourd'hui un degré plus chaude qu'elle ne l'était il y a 100 ans, (la chaleur et la sécheresse) sont pires que ce qu'elles auraient été autrement", a de son côté indiqué Bjørn Samset, du Centre norvégien de recherche sur le climat CICERO, sur la chaîne norvégienne NRK.A posteriori, des recherches peuvent être menées pour estimer si un événement aurait pu ne pas se produire sans le changement climatique. Ainsi, en décembre dernier, pour la première fois, une étude publiée dans le "Bulletin of the American Meteorological Society" concluait que le réchauffement était le seul responsable du record de chaleur global pour 2016 et d'une canicule extrême en Asie.Mais alors que les trois dernières années ont été les plus chaudes jamais enregistrées sur Terre, "la question la plus importante est: +Verrons-nous (ces événements extrêmes) plus souvent si nous ne réduisons pas les émissions de CO2+", insiste auprès de l'AFP Anders Levermann. Et la réponse est "oui".Selon le rapport du groupe des experts climat de l'ONU (Giec) de 2012, les modèles "prévoient une intensification lors des prochaines décennies" des épisodes extrêmes.Même si le monde respecte l'Accord de Paris qui vise à limiter le réchauffement moyen au pire à 2°C par rapport à l'ère pré-industrielle, les sécheresses, canicules, inondations et ouragans risquent de se multiplier, de s'intensifier et de s'étendre à des territoires nouveaux.Selon une étude parue en 2017 dans Nature Climate Change, même en respectant les engagements de Paris, la moitié de la population mondiale sera exposée à des vagues de chaleur meurtrières d'ici 2100, contre environ 30% aujourd'hui."Chaque année, nous aurons des températures record qui seront battues, une fois en Russie, l'autre fois en France ou au Japon (...)", souligne Jean Jouzel. Les canicules comme 2003 -- 70.000 morts en Europe -- "risquent de devenir la norme après 2050 ou 2060", poursuit-il.Avec l'air plus chaud et la végétation plus sèche, les feux sont également appelés à se multiplier.Selon la Commission européenne, 2017 a été l'une des pires années pour les incendies en Europe, avec 800.000 hectares brûlés au Portugal, en Espagne et en Italie. Et une étude européenne (PESETA II) estime que les surfaces susceptibles de brûler en Europe du Sud pourraient augmenter de 50% à plus de 100% au cours du XXIe siècle, selon l'intensité du réchauffement.