"Toute réduction de matière est bonne, mais je m'inquiète de ce que les gens pensent qu'avec l'interdiction des pailles en plastique nous avons résolu le problème" des déchets qui finissent dans la mer, a déclaré M. Wheeler à l'AFP. Le responsable américain s'exprimait deux jours avant la réunion dimanche et lundi à Metz (est de la France) des ministres de l'Environnement des pays du G7 (Allemagne, Canada, Etats-Unis, France, Italie, Japon et Royaume-Uni) et d'une dizaine de pays invités.

"Notre problème aux Etats-Unis est que la plupart des Américains pensent que s'ils déposent leurs matériaux dans la poubelle de recyclage en bas de la rue, ils ont résolu le problème. Ce n'est pas le cas", a-t-il poursuivi. Depuis que la Chine a arrêté en 2017 les importations de plastiques usagés, les Etats-Unis sont confrontés, comme l'UE, au problème de la réutilisation de ces plastiques, estime M. Wheeler. "Nous devons trouver une meilleure façon d'utiliser nos matériaux recyclés", a-t-il insisté.

M. Wheeler, dont le poste à la tête de l'EPA le pose comme de facto ministre de l'Environnement américain, considère les problèmes d'eau comme "le plus gros problème environnemental actuel, une menace pour la planète". Outre la pollution des océans, il souhaite se concentrer sur l'accès à l'eau potable et les problèmes d'infrastructures. M. Wheeler a déjà commencé à aborder ces sujets avec de hauts responsables japonais et européens, a-t-il indiqué, avec l'ambition de progresser lors du G7, puis lors du premier G20 de l'environnement en juin au Japon.

"Du côté des infrastructures par exemple, aux Etats-Unis nous avons expérimenté un certain nombre de mécanismes de financement innovants", afin de mobiliser non seulement des deniers publics mais aussi des financements privés, a-t-il souligné, suggérant de trouver une façon de répliquer ces mécanismes au sein d'organismes internationaux.

Le G7 Environnement a pour thème la "lutte contre les inégalités pour la protection de la biodiversité et le climat". La France va notamment proposer aux pays de signer une charte pour la biodiversité et de se joindre à différentes coalitions pour protéger les coraux ou en faveur de l'économie circulaire.