"Les chats sont autant vecteurs de maladie que les rats", alerte Xavier Bonnard, le président de la Société protectrice des animaux (SPA) dans cette métropole du sud-est de la France, où vivent "plusieurs dizaines de milliers" de ces félins, selon lui.

"Les habitants, les gardiens, les syndicats de copropriétés... Tout le monde se plaint", explique à l'AFP Véronique Scarica, présidente de la Société protectrice des animaux maltraités et errants (SPAME). Les associations sont unanimes, il "faut faire de gros efforts" pour limiter la prolifération des chats errants.

"Il y a quelques années il n'y avait pas beaucoup de chats ici ; aujourd'hui il y en a une trentaine. Dans certains quartiers ils sont des centaines et cela ne s'arrêtera pas sans stérilisation", décrit Nathalie, une "nourricière" des Chutes-Lavie, un quartier central.

Tous les matins, les chats, terrés dans les bosquets, attendent de pied ferme Nathalie et son sac de croquettes. Entre les voitures et les joggeurs, ils viennent se nourrir sur un parking longeant le parc Longchamp, l'un des nombreux "points de nourrissage" de la ville.

Quelques gamelles, un "mini-refuge" concocté de fils de fer, de bâches et de couvertures pour leur tenir chaud l'hiver, et le tour est joué. Ces points de nourrissage sont tenus par des "mères nourricières", un collectif qui vient en aide aux chats errants.

A quelques kilomètres de là, Christelle, qui nourrit 80 chats, déplore la situation. "En les nourrissant, on entretient leur misère, mais on ne peut pas les laisser mourir. C'est une catastrophe". Chaque mois, s'occuper des chats lui coûte "environ 400 euros de nourriture et entre 200 à 250 euros en stérilisation". "Ce n'est pas à nous de devoir payer cela", s'indigne-t-elle.

Dispositif "insuffisant"

Un système gratuit de stérilisation est mis à la disposition des habitants par la ville de Marseille en partenariat avec la fondation Clara, qui a repris le marché à la SPA depuis un an et demi.

La SPA, qui s'est occupée de la stérilisation des chats errants pendant 17 ans, a arrêté à la suite d'une baisse du budget alloué pour cet objectif par la mairie. "On est passé de 300.000 à 90.000 euros. Ça permet de stériliser à peine 900 chats par an alors qu'il faudrait en opérer 5.000", explique à l'AFP Xavier Bonnard. Une chatte peut donner naissance à plusieurs dizaines de chatons dans sa vie.

"Le chiffre est insuffisant mais (...) je fais ce que mon budget me permet de faire", se défend Guillaume Jouve, conseiller municipal délégué à l'animal dans la ville. "La mairie n'a aucune obligation, donc ce budget, c'est déjà pas mal", rajoute Alexandre Calvini, responsable Paca de la fondation Clara.

Aujourd'hui, les nourriciers doivent attraper les chats, prendre rendez-vous, déposer l'animal afin qu'ensuite il soit emmené à Trets, à une quarantaine de kilomètres de Marseille, pour enfin être opéré. Une démarche "compliquée" pour une personne travaillant ou une personne âgée car il faut respecter les horaires et porter les cages, estime Christelle.

Les associations prônent de faire appel aux vétérinaires de la ville qui s'occuperaient, chacun, d'un certain nombre de stérilisations.

Mais "aucun vétérinaire n'a répondu à l'appel d'offre et ils ont déjà leurs propres +patients+. De plus, d'autres villes ont déjà essayé ce système mais cela n'a pas vraiment marché", réplique M. Jouve.

Il faut mettre les mères nourricières, les associations et la mairie "autour d'une table pour trouver une solution", conclut M. Bonnard.