9. Des palettes transformées en meubles

Groot Eiland oeuvre à la socialisation, l'intégration et l'émancipation des demandeurs d'emploi, notamment via son atelier de menuiserie. Confrontée à la prolifération de dépôts clandestins - très coûteux à évacuer -, la commune de Molenbeek-Saint-Jean a sollicité cette asbl afin de recycler les déchets de bois, notamment les palettes usagées.
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Groot Eiland oeuvre à la socialisation, l'intégration et l'émancipation des demandeurs d'emploi, notamment via son atelier de menuiserie. Confrontée à la prolifération de dépôts clandestins - très coûteux à évacuer -, la commune de Molenbeek-Saint-Jean a sollicité cette asbl afin de recycler les déchets de bois, notamment les palettes usagées.Dans l'atelier de Boomerang, quatre personnes travaillent aujourd'hui à la conception et à la fabrication de meubles design : tables, étagères, chaises, lampadaires... "Le recyclage du bois nous pousse à développer toute une série de techniques d'ébénisterie. Nous pensons qu'il s'agit-là de véritables métiers d'avenir. Cette démarche écologique répond aussi à notre mission première qui est d'assurer la formation et la lutte contre l'exclusion", déclare le responsable Laurent Quoidbach."Le bois est durable et équitable, un produit naturel avec une âme. Combinée à des conceptions contemporaines on obtient des meubles de caractère, une ambiance et un look personnalisés", ajoute le coordinateur Tom Dedeurwaerder. L'atelier molenbeekois prouve aussi que recyclage et design font définitivement bon ménage... dans tous les sens du terme.J. L.Cinq étudiantes de rhéto de l'Athénée royal Paul Delvaux à Louvain-la-Neuve ont lancé récemment un concept de baffle écologique qui fonctionne sans électricité. Par la façon dont son bois est taillé, la Woodbox, amplifie deux à trois fois le son de tous les smartphones. Le projet se veut à la fois écologique, local et durable. Le bois de sapin rouge, d'origine belge, est transformé par la section menuiserie de l'Heureux abri, une école spécialisée de Momignies.C. Du. Après la découverte en 2012 du Pestalotiopsis microspora, un champignon mangeur de plastique par des étudiants de Yale, des chercheurs de l'université d'Utrecht étudient deux autres fongus capables eux aussi de digérer en quelques mois ce que l'usure du temps prendrait 400 ans à détruire. Le Pestalotiopsis microspora est capable de décomposer et de digérer le plastique en cassant les chaînes de polyuréthane et n'a pas besoin d'oxygène pour se développer. Le but serait à terme d'implanter des champignons dans les décharges mais aussi d'orienter le choix des plastiques utilisés en fonction du rendement de leur "digestion". Les recherches devraient durer encore quelques années.M. L.Le plastique, ennemi des océans ? Sauf s'il est constitué... d'algues ! C'est ce qu'a imaginé l'ingénieur breton Rémy Lucas en inventant Algopack, le premier plastique entièrement composé d'algues et 100 % biodégradable, qui exclut tout dérivé du pétrole dans sa composition. Sa vitesse de décomposition est fulgurante : quelques heures à peine. Basée à Saint-Malo, l'usine d'Algopack transforme chaque semaine une tonne d'algues brunes produite par des algoculteurs qui récoltent les algues en mer après les avoir fertilisées en écloserie. Elle produit ensuite un bioplastique qui sera transformé en panneaux de signalisation, en jouets et même en tablettes tactiles. La demande est, paraît-il, exponentielle.Ph. B.D'ici fin novembre, 18 poubelles connectées seront installées sur le piétonnier de Bruxelles. Grâce à un senseur, elles enverront un signal pour prévenir qu'elles sont remplies. "Ce système doit permettre de réduire de 80 % le nombre de tournées de vidange", assure un communiqué des autorités bruxelloises. De plus, ces poubelles révolutionnaires compresseront davantage les déchets, faisant passer leur capacité de 125 à 600 litres de déchets après compression.Une poubelle dotée des mêmes aspects high-tech est testée en Ile-de-France. R3D3, c'est son nom, est en sus capable de reconnaître des canettes, des bouteilles et autre gobelets, selon leur poids et leur taille, puis de les compacter et de les envoyer dans l'un des trois bacs correspondants.Championne de la collecte de piles, l'asbl Bebat teste elle aussi un collecteur intelligent dans ses plus grands points de collecte (souvent des grandes surfaces). "Un détecteur nous prévient lorsque le fût est rempli à 85 %. Cela nous permet de mieux gérer la logistique de la collecte", détaille Peter Coonen, directeur général. Tout en ramassant un maximum de piles, Bebat espère diminuer de 30 % ses transports et leurs émissions de gaz à effet. Coup double en faveur de l'environnement.L. Th. C'est à Anvers, en 2014, que la première boutique alimentaire sans emballage a ouvert en Belgique. D'autres ont essaimé depuis. Ses grands atouts ? Lutte contre les déchets et chasse au gaspillage alimentaire. "L'idée est que les clients apportent leurs propres récipients et ne prennent que la quantité souhaitée", explique Savina Istas, créatrice de Robuust ! - Zero Waste Shop. Les denrées sont bio et produites localement.L. Th. Depuis une dizaine d'année, le Relais (nord de la France) transforme les jeans usés (non utilisables en l'état) collectés dans les bulles à vêtements en Métisse®. Il s'agit d'un panneau ou rouleau d'isolant bleuté composé de 100 % de fibres de coton recyclé. Excellent isolant acoustique, sa performance thermique est similaire à celle de la fibre de verre. "Avec un coefficient lambda de 0,039, pour une résistance thermique (R) de 4,5, il faut 18 centimètres de Métisse® pour une isolation optimale", expose Philippe Hugo, représentant pour la Belgique.L. Th. Il y a trois ans, un jeune Néerlandais utopiste d'à peine 20 ans avait suscité l'engouement des médias et... le scepticisme des scientifiques en lançant un projet fou : débarrasser les océans de la "soupe de plastique" qui les empoisonne. Boyan Slat n'en a pas moins récolté les 2 millions de dollars qui lui permettront de mettre son idée en oeuvre début 2016 au large du Japon. Baptisée The Ocean Cleanup, elle consiste à déployer d'immenses barrages flottants contre lesquels viendraient se coller les plastiques récupérés ensuite par un catalyseur. Selon lui, la moitié des déchets du Pacifique pourrait être récupérée en dix ans, puis recyclée pour être exploitée.Ph. B.Un dossier de Philippe Berkenbaum, avec Caroline Dunski, Morgan Liesenhoff, Julie Luong, Laetitia Theunis et Marie-Eve Rebts