La faute à trois secteurs : la construction, les services et l'industrie. Alors que l'agriculture et les ménages, eux, ont diminué leur quantité de déchets. Il y a trois ans, les habitants en ont produit 5 millions de tonnes, soit 400 000 de moins qu'en 2014. Eurostat, l'organisme européen de la statistique, confirme : en 2016, le Belge a produit 418 kilos de déchets. La plus faible quantité depuis 2007 (493 kilos par personne) et sous la moyenne européenne (480 kilos). Début décembre dernier, l'Institut wallon de l'évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps) estimait pour sa part que 522 kilos...

La faute à trois secteurs : la construction, les services et l'industrie. Alors que l'agriculture et les ménages, eux, ont diminué leur quantité de déchets. Il y a trois ans, les habitants en ont produit 5 millions de tonnes, soit 400 000 de moins qu'en 2014. Eurostat, l'organisme européen de la statistique, confirme : en 2016, le Belge a produit 418 kilos de déchets. La plus faible quantité depuis 2007 (493 kilos par personne) et sous la moyenne européenne (480 kilos). Début décembre dernier, l'Institut wallon de l'évaluation, de la prospective et de la statistique (Iweps) estimait pour sa part que 522 kilos de déchets par habitant avaient été collectés en 2015 en Wallonie. Selon le dernier rapport de l'état de l'environnement en Flandre (Mira), c'étaient 431 kilos par Flamand en 2016 et les estimations à Bruxelles tournent autour des 420 kilos annuels par habitant. Tous ces chiffres peuvent être nuancés (en Brabant wallon on serait sous les 150 kilos de déchets par habitant pour 527 kilos à Namur) et sont discutables (on prend ou non en considération les déchets verts et les encombrants, par exemple ? ), mais le constat semble incontestable : les ménages belges produisent de moins en moins de déchets. Et si les industries en engendrent toujours davantage, plus de la moitié est recyclée, faisant de la Belgique l'un des meilleurs (voire carrément le meilleur) pays européen en matière de gestion de ses détritus, entre réduction de sa production de déchets et limitation de leur envoi à la décharge ou à l'incinérateur. C'est dans ce contexte que se multiplient les projets " zéro déchet ". Lancé il y a plusieurs années par quelques isolés, considérés alors au mieux comme des farfelus, le mouvement s'est propagé, gonflant ses rangs, mêlant générations, profils socio-économiques, villes et campagnes et se transformant en très sérieux objectif à atteindre, développement de politiques et de stratégies à l'appui, par des quartiers, des communes, des régions, des écoles, des crèches, des cantines, des commerces, des supermarchés, des entreprises, des architectes... En Belgique, aux Pays-Bas, en Suisse, en France, au Canada, aux Etats-Unis... Le cabinet d'études de marché Mintel, sommité mondiale en market intelligence, annonce d'ailleurs en ce mois de janvier, sans tourner autour du pot, que " la tendance au zéro déchet marquera l'année 2019 dans le secteur de la beauté ", les consommateurs étant " de plus en plus conscients de l'empreinte environnementale de leurs achats d'hygiène et de soins ". Ce qui paraissait pour une idée saugrenue est bel et bien devenu une authentique philosophie de vie collective. Portée d'abord par des citoyens puis adoptée par les pouvoirs publics. Ne demandant pas d'augmentation du pouvoir d'achat. N'affectant pas la planète. Concernant toutes les communautés. Un mode de consommation différent de celui des ces dernières décennies, qui devrait s'imposer à tous, d'ici peu. En toute logique. Enfin.