Dans un communiqué, l'agence zimbabwéenne de régulation de l'énergie (ZERA) a indiqué que le litre de diesel passait, "avec effet immédiat", à 15,64 dollars zimbabwéens (environ 1 dollar US) et celui de l'essence à 14,97 dollars zimbabwéens. Un plein de carburant représente plus du salaire mensuel d'un cuisinier ou d'un agent d'entretien, et près de la moitié du salaire d'un médecin du public. Le gouvernement "ajoute encore plus de détresse aux #Zimbabwéens qui souffrent déjà", a réagi dimanche le principal parti d'opposition, le Mouvement pour le changement démocratique (MDC). "A coup sûr cette folie doit cesser", a-t-il ajouté sur son compte Twitter. En janvier, le gouvernement avait déjà quasiment triplé les prix des carburants, une hausse ensuite suivie d'augmenatations régulières. L'annonce de janvier avait provoqué un mouvement de contestation violemment réprimé par les forces de sécurité. Au moins 17 personnes avaient été tuées et des dizaines blessées quand l'armée avait tiré sur les manifestants. Le Zimbabwe, ancien grenier à céréales de l'Afrique australe, est empêtré dans une crise économique et financière depuis près de deux décennies. Le président Emmerson Mnangagwa, qui a succédé fin 2017 à Robert Mugabe, aux commandes du pays pendant trente-sept ans, s'est engagé à relancer l'économie, jusqu'à présent en vain. Ruiné par le chômage de masse et la dévaluation de sa devise, le Zimbabwe manque d'argent liquide, d'essence, d'électricité et d'eau, et l'inflation s'envole. Les prix ont augmenté de près de 300% sur un an en août, selon le Fonds monétaire international (FMI), alors que des analystes cités par l'agence Bloomberg évaluent l'inflation à plus de 900%. Mardi, le prix d'un billet de bus de la compagnie de transports publics Zupco a doublé, passant de 0,5 à 1 dollar zimbabwéen. (Belga)