En discussion depuis 20 ans, l'accord prévoit notamment que les pays du Mercosur s'ouvrent à l'industrie européenne (voitures, produits chimiques et pharmaceutiques, marchés publics...). et qu'en contrepartie, ils puissent exporter en Europe jusqu'à 99.000 tonnes de viande bovine, 100.000 tonnes de volaille et 180.000 tonnes de sucre par an, sans droit de douane. Une contrepartie qui ne cesse de susciter l'inquiétude, notamment dans les rangs de la Fédération wallonne de l'Agriculture (FWA). "Cet accord est un non-sens climatique, écologique et social", avait-elle ainsi asséné en juillet dernier. Willy Borsus, alors ministre-président wallon, avait pour sa part qualifié de "destructeur" cet accord de libre-échange. Des propos qu'il a confirmés mardi et qu'il redira lors de la table ronde intra-belge organisée sur le sujet le 6 décembre prochain par le SPF Economie. "Je ne m'y rendrai pas pour discuter de petits aménagements à la marge. Cet accord, tel qu'il est aujourd'hui, est déstructurant. Il déstabilisera particulièrement les filières du boeuf et du sucre, dont les cours mondiaux sont déjà bas", a souligné le ministre. "Ajouter une difficulté majeure à une difficulté majeure ne peut constituer un avenir pour personne", a-t-il conclu. Plus tôt dans la journée, le cdH était déjà monté au créneau contre ce texte, estimant lui aussi "imbuvable" son volet agricole. Les humanistes s'apprêtent à déposer au parlement régional une proposition de résolution demandant au gouvernement wallon de signifier officiellement au Fédéral qu'il s'oppose à l'accord commercial entre l'UE et le Mercosur, à moins, entre autres, que l'accord ne réponde finalement aux objectifs de l'Accord de Paris sur le climat et qu'y soit intégrée une exception agricole, excluant les produits agricoles de son champs d'application. (Belga)