Le texte a été adopté mercredi par le Conseil législatif (LegCo), le "parlement" sans opposition de l'ex-colonie britannique, un territoire qui est depuis plus d'un an l'objet d'une reprise en main musclée par Pékin. La loi donne au directeur des services de l'immigration le pouvoir d'interdire sans jugement, et sans possibilité d'appel, à des personnes de monter dans un avion en provenance ou à destination de Hong Kong. "Nous sommes au courant de cette législation et partageons notre profonde préoccupation quant à son contenu, son utilisation potentielle, le manque de contrôle et de comptes à rendre", a déclaré jeudi dans un communiqué un porte-parole du Département d'Etat. "Nous avons de longue date des préoccupations quant à l'utilisation arbitraire que la RPC fait des interdictions de sortie hors cadre judiciaire, y compris contre des citoyens américains. Nous sommes profondément préoccupés par la perspective de voir les autorités hongkongaises adopter de semblables mesures arbitraires", a ajouté le porte-parole. Hong Kong a affirmé que cette loi ne s'appliquerait pas aux personnes quittant le territoire, mais avait pour but d'empêcher les clandestins d'entrer dans la région. Mais rien dans la formulation du texte ne le borne aux vols à l'arrivée ou aux migrants illégaux, et des juristes s'inquiètent qu'il ne puisse être utilisé contre toute personne quittant Hong Kong. Mercredi soir, l'exécutif hongkongais a affirmé qu'il préparerait des amendements pour préciser que la loi ne s'applique qu'aux vols à l'arrivée. Dans son communiqué, le Département d'Etat exhorte Hong Kong à respecter son "engagement public" de ne pas utiliser cette loi "comme un prétexte pour empêcher des passagers en partance d'embarquer". Le Foreign Office britannique a également fait part de son inquiétude. "Le droit des gens à quitter Hong Kong est garanti par la Loi fondamentale et doit être respecté", a déclaré un porte-parole en référence au texte qui sert de mini-constitution à Hong Kong. Des "interdictions de sortie" sont fréquemment imposées en Chine continentale à l'encontre de militants tenant tête aux autorités. Elles touchent également des hommes d'affaires comme l'Irlandais Richard O'Halloran bloqué à Shanghai depuis deux ans en raison d'un différend judiciaire impliquant le propriétaire chinois de la compagnie pour laquelle il travaille et qui a son siège à Dublin. En février, l'influente Association du Barreau de Hong Kong (HKBA) avait accusé ce projet de donner un "pouvoir sans entraves" au directeur de l'immigration. La Chine a amorcé une implacable répression dans l'ex-colonie britannique dans la foulée des manifestations massives qui avaient ébranlé la ville en 2019. Elle a notamment imposé à Hong Kong une loi draconienne sur la sécurité nationale qui est utilisée pour étouffer toute dissidence. (Belga)

Le texte a été adopté mercredi par le Conseil législatif (LegCo), le "parlement" sans opposition de l'ex-colonie britannique, un territoire qui est depuis plus d'un an l'objet d'une reprise en main musclée par Pékin. La loi donne au directeur des services de l'immigration le pouvoir d'interdire sans jugement, et sans possibilité d'appel, à des personnes de monter dans un avion en provenance ou à destination de Hong Kong. "Nous sommes au courant de cette législation et partageons notre profonde préoccupation quant à son contenu, son utilisation potentielle, le manque de contrôle et de comptes à rendre", a déclaré jeudi dans un communiqué un porte-parole du Département d'Etat. "Nous avons de longue date des préoccupations quant à l'utilisation arbitraire que la RPC fait des interdictions de sortie hors cadre judiciaire, y compris contre des citoyens américains. Nous sommes profondément préoccupés par la perspective de voir les autorités hongkongaises adopter de semblables mesures arbitraires", a ajouté le porte-parole. Hong Kong a affirmé que cette loi ne s'appliquerait pas aux personnes quittant le territoire, mais avait pour but d'empêcher les clandestins d'entrer dans la région. Mais rien dans la formulation du texte ne le borne aux vols à l'arrivée ou aux migrants illégaux, et des juristes s'inquiètent qu'il ne puisse être utilisé contre toute personne quittant Hong Kong. Mercredi soir, l'exécutif hongkongais a affirmé qu'il préparerait des amendements pour préciser que la loi ne s'applique qu'aux vols à l'arrivée. Dans son communiqué, le Département d'Etat exhorte Hong Kong à respecter son "engagement public" de ne pas utiliser cette loi "comme un prétexte pour empêcher des passagers en partance d'embarquer". Le Foreign Office britannique a également fait part de son inquiétude. "Le droit des gens à quitter Hong Kong est garanti par la Loi fondamentale et doit être respecté", a déclaré un porte-parole en référence au texte qui sert de mini-constitution à Hong Kong. Des "interdictions de sortie" sont fréquemment imposées en Chine continentale à l'encontre de militants tenant tête aux autorités. Elles touchent également des hommes d'affaires comme l'Irlandais Richard O'Halloran bloqué à Shanghai depuis deux ans en raison d'un différend judiciaire impliquant le propriétaire chinois de la compagnie pour laquelle il travaille et qui a son siège à Dublin. En février, l'influente Association du Barreau de Hong Kong (HKBA) avait accusé ce projet de donner un "pouvoir sans entraves" au directeur de l'immigration. La Chine a amorcé une implacable répression dans l'ex-colonie britannique dans la foulée des manifestations massives qui avaient ébranlé la ville en 2019. Elle a notamment imposé à Hong Kong une loi draconienne sur la sécurité nationale qui est utilisée pour étouffer toute dissidence. (Belga)