Le ministre "a fortement encouragé la Turquie à interrompre ses actions dans le nord-est de la Syrie afin d'augmenter la possibilité que les Etats-Unis, la Turquie et nos partenaires puissent trouver une voie commune pour désamorcer la situation avant qu'elle ne devienne irréparable", selon ce communiqué faisant état d'un entretien téléphonique jeudi entre M. Esper et son homologue turc Hulusi Akar. "Cette incursion risque d'avoir de graves conséquences pour la Turquie", a également mis en garde le chef du Pentagone, tout en réaffirmant l'importance de la "relation bilatérale stratégique" entre les Etats-Unis et la Turquie. M. Esper a "clairement indiqué que les Etats-Unis s'oppos(aient) aux actions non coordonnées de la Turquie en ce qu'elles font peser un risque sur les progrès faits par la coalition" antidjihadistes luttant contre le groupe Etat islamique (EI). Le ministre a enfin exprimé son inquiétude quant à la sécurité du personnel américain en Syrie, malgré les "mesures de protections" prises par Washington. Donald Trump a retiré en début de semaine les soldats américains qui se trouvaient en Syrie près de la frontière avec la Turquie. Dans la foulée, le président turc Recep Tayyip Erdogan a lancé mercredi une opération contre une milice kurde qu'il accuse de "terrorisme". Le président américain est depuis sous le feu des critiques, accusé d'avoir donné un "feu vert" aux Turcs et "abandonné les Kurdes", alliés des Etats-Unis dans la lutte contre l'EI. Donald Trump a depuis menacé Ankara de sanctions économiques en cas de comportement disproportionné ou "inhumain", et évoqué la possibilité d'une médiation américaine entre Turcs et Kurdes. Selon un dernier bilan de l'Observatoire syrien des droits de l'Homme (OSDH), 41 combattants kurdes et 17 civils ont été tués dans l'assaut depuis mercredi. Ankara a de son côté annoncé la mort d'un de ses soldats dans les combats et de huit civils, dont un bébé et une fillette, dans la chute de roquettes kurdes tirées sur des villes frontalières en Turquie. (Belga)