Non, ce qui doit être relevé, c'est que les Wallons et les francophones de ce pays vont être dirigés pendant normalement cinq ans par les derniers trois grands partis " incontournables ", le CDH ayant décidé de se retirer des affaires pour tenter de se réinventer, le PTB n'ayant pas su, pu ou voulu convaincre de son utilité dans un exécutif et DéFI ne parvenant pas à s'imposer hors de Bruxelles.
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Non, ce qui doit être relevé, c'est que les Wallons et les francophones de ce pays vont être dirigés pendant normalement cinq ans par les derniers trois grands partis " incontournables ", le CDH ayant décidé de se retirer des affaires pour tenter de se réinventer, le PTB n'ayant pas su, pu ou voulu convaincre de son utilité dans un exécutif et DéFI ne parvenant pas à s'imposer hors de Bruxelles. Trois partis au pouvoir, wallon et francophone, sans que l'un d'entre eux soit sorti étincelant du scrutin de mai dernier - le PS et le MR y ont même carrément subi une cinglante défaite. Trois partis qui se sont beaucoup haïs, qui se sont beaucoup insultés, qui se sont beaucoup battus, comme entre bandes rivales dans une ville. Trois partis qui avaient chacun besoin des deux autres, tant pour former une majorité que pour atteindre des objectifs sociétaux bien précis. On peut donc considérer que le mariage n'est que de raison. Que dans un trio, il y en a toujours un à la traîne, ou laissé sur le côté. Que l'arc-en-ciel (la couleur de la coalition rouge-bleue-verte) est fugace. Que c'est quand même incroyable qu'après avoir passé la précédente législature à s'agresser - un peu moins, ou pendant un peu moins longtemps, entre socialistes et écologistes - ces trois-là fassent désormais cause commune. On peut. Mais on peut aussi considérer les choses autrement. En rappelant d'abord qu'en politique, et singulièrement lorsqu'il s'agit de gouverner, l'amour n'a pas lieu d'être. C'est bien la raison qui importe (le récent exemple italien, avec l'union Parti démocrate - Mouvement 5 étoiles, l'illustre encore). Surtout si l'objectif est de garantir le mieux-être collectif et individuel, sur tous les plans, à sa population. En rappelant ensuite qu'il vaut sans doute mieux se cogner, même fort, en campagne électorale qu'au sein d'un même exécutif. En Région wallonne et en Fédération Wallonie-Bruxelles, hors le PTB et peut-être le syndicat chrétien (CSC), les gouvernements n'auront cette fois pas à craindre trop de bâtons dans leurs roues. Ça devrait leur permettre de gagner du temps et de consacrer leur énergie à l'essentiel, donc d'être diantrement efficaces. En rappelant encore que toute majorité est par nature éphémère, dans tout Etat démocratique. Et quel que soit le système de vote. En rappelant enfin que ces trois partis-là n'ont pas droit à l'erreur. On verra ce qu'il en est exactement de leurs intentions, de la façon dont ils vont s'y prendre, où ils vont trouver les sous, à quoi ils vont renoncer, tout ça. Mais on sait, maintenant qu'ils se sont décidés à y aller ensemble, que s'ils échouent face aux urgences économique, climatique, sociale, budgétaire, scolaire et énergétique notamment, aucun d'entre eux ne pourra accuser l'autre. Ou l'opposition. Cette fois, c'est comme répètent les entraîneurs de foot : " On gagne ensemble ou on perd ensemble. " Ce qui revient à dire que, indépendamment de ce qu'il adviendra au niveau fédéral, le PS, le MR et Ecolo ont cinq ans pour prouver qu'il sont capables non pas de se câliner mais de gouverner de façon responsable et dans l'intérêt de tous les Wallons et de tous les francophones de Belgique. Sinon, le prochain scrutin devrait consacrer si pas leur mise à mort en tout cas leur mise à genoux.