Ce n'est qu'un au revoir. Les élus du peuple belge, flamand, wallon, bruxellois, germanophone, ont pris pour nombre d'entre eux physiquement congé de leurs hémicycles respectifs, dispersés sous la menace d'un virus à ce stade plus fort que tout. Avant de tirer provisoirement les rideaux, les dernières séances ont eu lieu en petit comité. Le temps des pensées émues pour les victimes et les plus exposés à l'épidémie, des hommages appuyés pour celles et ceux qui se dévouent au chevet des malades, et des bonnes résolutions quand reviendront les temps meilleurs.

Tout va mal, tout empire, mais il y a aussi la Flandre qui respire. Et qui respire la grande forme financière. Proclamé en flamand dans le texte, c'est encore plus parlant : "Vlaanderen is financieel in topvorm", a pu se réjouir le grand argentier du gouvernement flamand, Matthias Diependaele (N-VA). Merci qui ? Merci Fitch. L'agence de notation financière vient de gratifier la Flandre de la note de solvabilité "AA". Vraiment sympa. Et amplement mérité.

Un ministre, ça doit forcément rencontrer du beau linge, fréquenter des gens très importants : des chefs de gouvernement, des chefs d'Etat ou des CEO très haut placés. Un ministre qui se déplace doit donc le faire avec un minimum de classe. La logique dérange ceux qui font profession de défendre les damnés de la terre. C'est le cas du député régional Jos D'Haese.

L'an 2030, c'est après-demain et l'échéance se met à trotter dans bien des têtes. On n'oserait jurer de rien mais cette année-là, la Belgique revêtira ses habits de lumière pour célébrer son bicentenaire. Cerise sur le gâteau d'anniversaire, ce royaume en sursis aura aussi le privilège d'héberger un an durant la capitale culturelle européenne.

Il souffre, Wouter Beke (CD&V). Pas encore le martyre mais les stations s'accumulent sur son chemin de croix. La dernière en date tient en une appli mobile bien alléchante : un millier de recettes de cuisine livrées sur plateforme numérique pour inviter le Flamand à manger sainement. A savourer avec d'autant moins de modération que c'est la " maison Jambon " (coalition N-VA - CD&V - Open VLD) qui régale. Sauf que ce cadeau des autorités flamandes a mobilisé au total 550 000 euros d'argent public. Et que la note passe pour indigeste.

Il y a 15 ans, le gouvernement wallon lançait en grande pompe le "Plan Marshall pour la Wallonie". C'est le président du PS de l'époque, Elio Di Rupo, qui en a été l'instigateur. Depuis plus d'un demi-siècle, l'économie wallonne n'était plus capable de croître au même rythme que l'économie flamande ou européenne.