Il souffre, Wouter Beke (CD&V). Pas encore le martyre mais les stations s'accumulent sur son chemin de croix. La dernière en date tient en une appli mobile bien alléchante : un millier de recettes de cuisine livrées sur plateforme numérique pour inviter le Flamand à manger sainement. A savourer avec d'autant moins de modération que c'est la " maison Jambon " (coalition N-VA - CD&V - Open VLD) qui régale. Sauf que ce cadeau des autorités flamandes a mobilisé au total 550 000 euros d'argent public. Et que la note passe pour indigeste.

Il y a 15 ans, le gouvernement wallon lançait en grande pompe le "Plan Marshall pour la Wallonie". C'est le président du PS de l'époque, Elio Di Rupo, qui en a été l'instigateur. Depuis plus d'un demi-siècle, l'économie wallonne n'était plus capable de croître au même rythme que l'économie flamande ou européenne.

Au royaume autoproclamé de la " goed bestuur ", De Lijn fait tache. Carrément honte. Ses défaillances affolent les compteurs. 260 000 trajets supprimés en dernière minute en 2019 : jamais encore bus et trams n'avaient fait autant faux bond en Flandre. Jamais encore l'usager n'avait été autant condamné à poireauter à un arrêt, sans informations. Les infidélités commises par la société flamande des transports en commun plombent le taux de satisfaction de la clientèle qui touche le fond (62 %) comme celui des communes (40 %).

Depuis que Koen Geens a été chargé d'une mission royale, il semble que le CD&V soit de retour. Les démocrates-chrétiens continuent à jouer dans la cour des grands. Peu à peu ils font ce qu'ils faisaient autrefois : diriger.

Tine, 38 ans, voulait en finir. En finir avec les troubles psychiatriques qui l'avaient plusieurs fois poussée à tenter de mettre fin à ses jours. Une euthanasie pratiquée le 27 avril 2010 exauce son voeu. Dix ans plus tard, la fin de vie de Tine joue douloureusement les prolongations en étalant ses circonstances controversées devant la cour d'assises de Flandre orientale.

Pas de quoi s'en vanter. Le gouvernement Jambon (N-VA - CD&V - Open VLD) envisageait, si possible sans l'ébruiter, de faire davantage succomber l'enseignement supérieur flamand au charme des langues étrangères, jusqu'à autoriser la moitié des matières enseignées dans les filières de bachelier à l'être dans une autre langue que le néerlandais.

"En marche", ou plutôt "Vooruit", femmes et hommes de Flandre ! Un mouvement politique tout neuf est en passe de se lever à l'horizon. Celui qui travaille à son éclosion ne l'imagine pas autrement que "radicalement innovant".

Le temps était déjà à l'orage dans les coulisses de la chaîne publique flamande suite aux réductions de budget et à l'immixtion de plus en plus pesante du monde politique. La tempête vient d'éclater pour de bon et a fait sa première victime hier avec le renvoi de Paul Lembrechts, son patron. Rien n'indique que cela sera la dernière.

Pour ceux qui auraient encore des doutes : les gens s'inquiètent de leur pension. Si l'asile et la migration étaient le thème le plus décisif lors des dernières élections, il était immédiatement suivi par la question des pensions : 38% des électeurs ont pris en compte la position des partis politiques sur les pensions lors du choix de leur vote.

Dans quelle mesure la crise de l'asile de 2015 a-t-elle affecté les opinions européennes sur l'asile et la migration ? Les sociologues Bart Meuleman et Arno Van Hootegem ont examiné une masse de données et ont établi que ce n'est pas le grand nombre, mais le framing par les élites politiques, qui détermine nos opinions. "Le framing est plus décisif que les faits."

Le fait que le système politique belge est sur le point de craquer n'échappe pas aux francophones du pays. Tout comme l'idée que la Belgique ne tient qu'à un fil et que le maintien du statu quo ne fera qu'aggraver la crise. "Si les francophones reçoivent des garanties que la solidarité financière sera maintenue, tout est possible ", dit Marc Uyttendaele, professeur de droit constitutionnel, dans le Knack.

Si le CD&V a réussi à décrocher le rôle très convoité de "faiseur de rois" dans la formation du gouvernement fédéral, sa position n'est pas confortable pour autant. Et s'il tient tant à ce que la N-VA entre au gouvernement, c'est pour des raisons bien particulières. Explications avec le politologue Nicolas Bouteca (Université de Gand).

Le roi a décidé de prolonger la mission des informateurs Joachim Coens (CD&V) et Georges-Louis Bouchez (MR) de deux semaines afin de "clarifier davantage les différentes positions" des partis, et notamment celle du CD&V qui pour l'instant refuse fermement d'entrer dans une coalition fédérale sans la N-VA.