Le bureau des plaintes de la société ne désemplit plus. 72 500 récriminations enregistrées l'an dernier, c'est du jamais-vu. L'avalanche est telle que l'ombudsman flamand a crié grâce : il a obtenu de Google que son nom n'apparaisse plus lorsque les voyageurs furibards introduisent rageusement les mots " plainte " et " De Lijn " dans le moteur de recherche.
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Le bureau des plaintes de la société ne désemplit plus. 72 500 récriminations enregistrées l'an dernier, c'est du jamais-vu. L'avalanche est telle que l'ombudsman flamand a crié grâce : il a obtenu de Google que son nom n'apparaisse plus lorsque les voyageurs furibards introduisent rageusement les mots " plainte " et " De Lijn " dans le moteur de recherche.L'exactitude n'est décidément plus la politesse des gestionnaires de De Lijn. Bien sûr, en guise de cause immédiate de leurs malheurs, ils ont pu brandir la classique prise en otage du voyageur par une vague de grèves qui ont perturbé le réseau. Que la grogne d'un personnel à cran ait été mobilisée par la seule CGSP flamande a ouvert les yeux du président du conseil d'administration de la société. Marc Descheemaecker a livré le fin mot de l'histoire à l'hebdomadaire Knack : " La pression du travail est surtout devenue l'alibi d'une seule organisation syndicale infiltrée par un parti d'extrême gauche pour créer le désordre et le chaos. " La théorie du complot communisant a ses limites puisque les grèves n'ont expliqué qu'un tiers des suppressions inopportunes de trajet en 2019. Qu'à cela ne tienne, l'ex-CEO de la SNCB propulsé au sommet de De Lijn par la N-VA pointe en prime l'hyperpolitisation dont a trop longtemps souffert la société : " Saviez-vous que, jusqu'il y a peu, De Lijn fonctionnait encore comme à l'époque de sa création en 1991, au temps de la RTT (NDLR : Proximus pour les plus jeunes) ? " Ce fâcheux surplace pourrait expliquer ce qui met le député régional Marino Keulen (Open VLD) au comble du désespoir : " Au xxie siècle, dans une région qui veut figurer parmi les démocraties fortes d'Europe du Nord, De Lijn ne connaît toujours pas le nombre précis de voyageurs qu'elle transporte. " Mais l'essentiel est ailleurs. Trop peu de chauffeurs au volant pour cause de difficultés criantes de recrutement, beaucoup trop d'embouteillages qui prennent au piège bus et trams : c'est le modèle de mobilité chaotique en Flandre qui joue de bien mauvais tours à ses transports en commun. Il faudrait donc sauver De Lijn. Voilà le gouvernement flamand (N-VA - CD&V - Open VLD) attendu au tournant. Mais il est surtout soupçonné par la gauche et les syndicats de vouloir rendre le navire en perdition tout juste bon à être sacrifié sur l'autel de la libéralisation. L'ouverture à la concurrence privée de certaines lignes, décidée en guise de test, trahirait une volonté sournoise de mettre un punt final aan De Lijn.