Durant sept semaines, focus sur un parti francophone en lice pour le scrutin du 26 mai prochain. Cette semaine: le PTB.
...

Ses succès électoraux, spectaculaires surtout en Wallonie et à Bruxelles, le PTB les a conquis dans les endroits de vieille domination socialiste où il a installé de longue date des cellules d'abord, des maisons médicales ensuite, de Charleroi à Liège, en passant par Herstal et Seraing, Molenbeek, La Louvière ou Zelzate. C'est donc, en Belgique francophone, principalement au PS, qu'il prend des électeurs. Et c'est donc au PS que les électeurs soucieux d'affaiblir le PTB devraient théoriquement accorder leur suffrage. C'était incontestablement le cas jusqu'à 2014 au moins, et ce serait incontestablement le cas si le PTB était un parti normal. Mais le PTB n'est pas un parti normal. Son objectif n'est pas d'exercer le pouvoir dans un exécutif, donc pas d'entrer dans un gouvernement. Parti toujours dirigé par des personnalités flamandes, il s'inquiète de tant prospérer au sud sans croître au nord. Le sondage de 2017 qui l'annonçait à 24 % en Wallonie a tétanisé sa direction. Sa stratégie pour les élections communales consistait à volontairement contenir son expansion. Car le PTB veut renverser le capitalisme, rendre la gauche hégémonique, aspire à l'hégémonie à gauche, mais il ne veut pas gouverner, donc pas gagner les élections. Donc faire gagner les élections au PTB, c'est emmerder le PTB. Donc voter pour lui, c'est voter contre lui.