Voo privatisé : décision du CA d'Enodia/publifin et mensonge ? Dans un entretien avec plusieurs journaux (l'écho, Le Soir, La Meuse et autres ...), Renaud Witmeur CO de Nethys et un administrateur expliquent, à grand renfort d'arguments, pourquoi il faut vendre Voo au fonds "Providence". C'est-à-dire vendre ce bien public (Propriété de la Province de Liège et de ses communes) à un privé. Trois arguments sont essentiellement avancés par le CO de Nethys :

1. Voo n'est pas rentable. Chaque année il faut réinjecter de l'argent.

2. Voo devrait faire l'objet d'investissements complémentaires pour 300 millions, ce qui est impossible pour les pouvoirs publics propriétaires.

3. Et, discrètement, circule aussi l'idée d'une indemnité de 150 millions qu'aurait dû payer Nethys à "Providence" si on ne lui vendait pas, suite à la promesse de vente précédemment signée.

Ces informations ont été communiquées, manifestement à l'intention du citoyen. La volonté évidente était de convaincre, en particulier le citoyen de la Province de Liège dont la Province et les communes sont propriétaires, du bien fondé de privatiser Voo.

La décision de privatisation a été prise par trois partis : PS, MR, Ecolo. Ils ont donné consigne à leurs administrateurs. Analysons d'un peu plus près les informations données.

1. Voo perd de l'argent chaque année ?

Effectivement, jusque 2018, Voo avait un emprunt important à rembourser. Pourquoi ? Parce que l'ancien Teledis (devenu Voo par la suite) au moment où toutes les autres communes de Wallonie ont estimé devoir se débarrasser de leurs installations de câblo-distribution, a racheté les réseaux de celles-ci, estimant qu'il ne fallait pas laisser exclusivement à un privé les autoroutes de l'information. Et ne le faire que pour la Province de Liège était trop petit, ne permettant pas des économies d'échelle suffisantes. Teledis (devenue Voo) a investi (vingt ans avant ce que veut faire Proximus aujourd'hui) dans un réseau de fibres optiques. Cet investissement fait de Voo le plus rapide réseau d'information de la Région wallonne aujourd'hui. Pour faire cet investissement (racheter aux communes wallonnes et poser des fibres optiques), Voo a emprunté.

L'idée des responsables politiques de l'époque était que le transport de l'information (par les autoroutes de l'information que sont les fibres optiques) , nerf de la guerre dans la société future, ne pouvait pas (en Province de Liège du moins, puisque les autres voulaient vendre, mais plus largement en Wallonie pour avoir une taille suffisante) être laissé aux seules mains du privé. C'est cet emprunt qui a généré un compte de résultat enregistrant une perte. Mais... dans le journal " La Meuse" du 5 juillet 2015, le Président de Publifin de l'époque déclarait dans un interview à propos de ce déficit à la question : "...la filiale VOO est toujours déficitaire, après six années de fonctionnement ? - En 2018, nous n'aurons plus d'emprunts à rembourser. Et là, ce sera le jackpot à 100 %. On se plaint toujours que les hommes politiques ne savent rien faire contre la mondialisation. Et bien ce rachat du câble a été une bonne manière d'y répondre." Cela veut dire qu'au compte de résultat de 2019 les charges de cet emprunt se terminent.

Si cette déclaration du Président de l'époque dans "la Meuse" de 2015 (c'est à dire un an avant les attaques concernant Publifin) est exacte, Voo ne serait donc plus en déficit à partir de 2019 et commencerait à générer du profit...

2. Le deuxième argument justifiant la vente de Voo est la nécessité d'investissements complémentaires de 300 millions dans les prochaines années que les pouvoirs publics ne pourraient réaliser.

Qu'en est-il ? D'abord, constatons que Voo avec sa décision, il y a vingt ans, d'investir dans la pose de fibres optiques en Wallonie, est bien en avance par rapport à des sociétés privées concurrentes. Mais il est clair que dans un secteur comme celui des nouvelles technologies, "qui n'avance pas recule".

Des investissements sont nécessaires. Mais le travail d'amélioration de l'organisation de Voo engagé (recrutement d'un nouveau personnel spécialisé en informatique pour remplacer celui qui s'en va progressivement à la retraite, amélioration de l'organisation...) et les bénéfices générés à partir de 2019 associés à des investissements de coopératives citoyennes ne pouvaient-ils vraiment rencontrer cette nécessité d'investissements ?

Complémentairement, l'argument de la taille de l'entreprise était aussi évoqué. Cet argument est-il fondé ? La taille importante d'une entreprise ne devient-elle pas un handicap organisationnel générant des surcoûts significatifs comme le montre l'histoire économique récente de grandes entreprises ? Car elles sont lourdes à gérer et manquent de souplesse et de flexibilité, qualités bien nécessaires dans un secteur à forte volatilité technologique.

3. Le troisième argument porte sur le dédommagement que Voo risquait de devoir à "Providence", s'il cassait la vente.

De deux choses l'une. Ou la promesse de vente était légale et le gouvernement de la Région wallonne n'avait aucune raison de la casser. Ou elle ne l'était pas et la Région wallonne devait la casser. Après étude juridique, c'est ce second choix qui a été fait. Elle n'était pas légale et la Région wallonne l'a cassée. Le CA de Publifin n'est pas responsable du choix de la région. Il le suivait. Simplement. Et si un conflit juridique apparaissait, ce n'était pas Nethys qui devait l'assumer, mais bien la Région qui avait pris cette décision. Manifestement si ces trois arguments présentés dans la presse par Renaud Witmeur nouveau CO de Nethys sont ceux qui ont servi à convaincre les membres du Conseil d'Administration d'Enodia (ancien Publifin) de vendre un bien public au privé, il n'est pas absurde de penser que ceux-ci ne sont pas sans failles et même s'apparentent à des mensonges. Mais pourquoi ? Pourquoi certains font-ils le forcing pour privatiser un bien public stratégique (comme il y a peu Bpost, Proximus, bientôt les transports en commun et peut-être l'enseignement public aujourd'hui géré pour la Fédération W-B par un Conseil d'administration ...) ?

Qui plus est, dans des secteurs stratégiques pour la démocratie et le citoyen (ici, avec Voo, les autoroutes de l'information publiques wallonnes sont privatisées permettant à quelques-uns de décider ce qui peut y circuler et ce qui ne peut pas, pour qui et à quel prix ?) Pourquoi forcer le citoyen à vendre sa cuisinière pour l'obliger à aller au restaurant chaque jour, alors qu'il n'a pas l'argent pour le payer ?

Quand en plus on sait que Renaud Witmeur a été chef de cabinet de Rudy Demotte, ministre socialiste, pourquoi contribue-t-il à cela alors que ce parti prétend défendre les services publics ? Et pourquoi des administrateurs progressistes d'Enodia sont ils complices ? Pour/quoi cela ? Chacun devine sans doute la réponse... Et c'est bien triste, mais aussi scandaleux !

Guy Martin, citoyen liégeois

Voo privatisé : décision du CA d'Enodia/publifin et mensonge ? Dans un entretien avec plusieurs journaux (l'écho, Le Soir, La Meuse et autres ...), Renaud Witmeur CO de Nethys et un administrateur expliquent, à grand renfort d'arguments, pourquoi il faut vendre Voo au fonds "Providence". C'est-à-dire vendre ce bien public (Propriété de la Province de Liège et de ses communes) à un privé. Trois arguments sont essentiellement avancés par le CO de Nethys : 1. Voo n'est pas rentable. Chaque année il faut réinjecter de l'argent. 2. Voo devrait faire l'objet d'investissements complémentaires pour 300 millions, ce qui est impossible pour les pouvoirs publics propriétaires. 3. Et, discrètement, circule aussi l'idée d'une indemnité de 150 millions qu'aurait dû payer Nethys à "Providence" si on ne lui vendait pas, suite à la promesse de vente précédemment signée. Ces informations ont été communiquées, manifestement à l'intention du citoyen. La volonté évidente était de convaincre, en particulier le citoyen de la Province de Liège dont la Province et les communes sont propriétaires, du bien fondé de privatiser Voo. La décision de privatisation a été prise par trois partis : PS, MR, Ecolo. Ils ont donné consigne à leurs administrateurs. Analysons d'un peu plus près les informations données. 1. Voo perd de l'argent chaque année ?Effectivement, jusque 2018, Voo avait un emprunt important à rembourser. Pourquoi ? Parce que l'ancien Teledis (devenu Voo par la suite) au moment où toutes les autres communes de Wallonie ont estimé devoir se débarrasser de leurs installations de câblo-distribution, a racheté les réseaux de celles-ci, estimant qu'il ne fallait pas laisser exclusivement à un privé les autoroutes de l'information. Et ne le faire que pour la Province de Liège était trop petit, ne permettant pas des économies d'échelle suffisantes. Teledis (devenue Voo) a investi (vingt ans avant ce que veut faire Proximus aujourd'hui) dans un réseau de fibres optiques. Cet investissement fait de Voo le plus rapide réseau d'information de la Région wallonne aujourd'hui. Pour faire cet investissement (racheter aux communes wallonnes et poser des fibres optiques), Voo a emprunté. L'idée des responsables politiques de l'époque était que le transport de l'information (par les autoroutes de l'information que sont les fibres optiques) , nerf de la guerre dans la société future, ne pouvait pas (en Province de Liège du moins, puisque les autres voulaient vendre, mais plus largement en Wallonie pour avoir une taille suffisante) être laissé aux seules mains du privé. C'est cet emprunt qui a généré un compte de résultat enregistrant une perte. Mais... dans le journal " La Meuse" du 5 juillet 2015, le Président de Publifin de l'époque déclarait dans un interview à propos de ce déficit à la question : "...la filiale VOO est toujours déficitaire, après six années de fonctionnement ? - En 2018, nous n'aurons plus d'emprunts à rembourser. Et là, ce sera le jackpot à 100 %. On se plaint toujours que les hommes politiques ne savent rien faire contre la mondialisation. Et bien ce rachat du câble a été une bonne manière d'y répondre." Cela veut dire qu'au compte de résultat de 2019 les charges de cet emprunt se terminent. Si cette déclaration du Président de l'époque dans "la Meuse" de 2015 (c'est à dire un an avant les attaques concernant Publifin) est exacte, Voo ne serait donc plus en déficit à partir de 2019 et commencerait à générer du profit... 2. Le deuxième argument justifiant la vente de Voo est la nécessité d'investissements complémentaires de 300 millions dans les prochaines années que les pouvoirs publics ne pourraient réaliser. Qu'en est-il ? D'abord, constatons que Voo avec sa décision, il y a vingt ans, d'investir dans la pose de fibres optiques en Wallonie, est bien en avance par rapport à des sociétés privées concurrentes. Mais il est clair que dans un secteur comme celui des nouvelles technologies, "qui n'avance pas recule". Des investissements sont nécessaires. Mais le travail d'amélioration de l'organisation de Voo engagé (recrutement d'un nouveau personnel spécialisé en informatique pour remplacer celui qui s'en va progressivement à la retraite, amélioration de l'organisation...) et les bénéfices générés à partir de 2019 associés à des investissements de coopératives citoyennes ne pouvaient-ils vraiment rencontrer cette nécessité d'investissements ?Complémentairement, l'argument de la taille de l'entreprise était aussi évoqué. Cet argument est-il fondé ? La taille importante d'une entreprise ne devient-elle pas un handicap organisationnel générant des surcoûts significatifs comme le montre l'histoire économique récente de grandes entreprises ? Car elles sont lourdes à gérer et manquent de souplesse et de flexibilité, qualités bien nécessaires dans un secteur à forte volatilité technologique. 3. Le troisième argument porte sur le dédommagement que Voo risquait de devoir à "Providence", s'il cassait la vente. De deux choses l'une. Ou la promesse de vente était légale et le gouvernement de la Région wallonne n'avait aucune raison de la casser. Ou elle ne l'était pas et la Région wallonne devait la casser. Après étude juridique, c'est ce second choix qui a été fait. Elle n'était pas légale et la Région wallonne l'a cassée. Le CA de Publifin n'est pas responsable du choix de la région. Il le suivait. Simplement. Et si un conflit juridique apparaissait, ce n'était pas Nethys qui devait l'assumer, mais bien la Région qui avait pris cette décision. Manifestement si ces trois arguments présentés dans la presse par Renaud Witmeur nouveau CO de Nethys sont ceux qui ont servi à convaincre les membres du Conseil d'Administration d'Enodia (ancien Publifin) de vendre un bien public au privé, il n'est pas absurde de penser que ceux-ci ne sont pas sans failles et même s'apparentent à des mensonges. Mais pourquoi ? Pourquoi certains font-ils le forcing pour privatiser un bien public stratégique (comme il y a peu Bpost, Proximus, bientôt les transports en commun et peut-être l'enseignement public aujourd'hui géré pour la Fédération W-B par un Conseil d'administration ...) ? Qui plus est, dans des secteurs stratégiques pour la démocratie et le citoyen (ici, avec Voo, les autoroutes de l'information publiques wallonnes sont privatisées permettant à quelques-uns de décider ce qui peut y circuler et ce qui ne peut pas, pour qui et à quel prix ?) Pourquoi forcer le citoyen à vendre sa cuisinière pour l'obliger à aller au restaurant chaque jour, alors qu'il n'a pas l'argent pour le payer ? Quand en plus on sait que Renaud Witmeur a été chef de cabinet de Rudy Demotte, ministre socialiste, pourquoi contribue-t-il à cela alors que ce parti prétend défendre les services publics ? Et pourquoi des administrateurs progressistes d'Enodia sont ils complices ? Pour/quoi cela ? Chacun devine sans doute la réponse... Et c'est bien triste, mais aussi scandaleux ! Guy Martin, citoyen liégeois