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Stockholm, Nice, Londres, Berlin et la semaine dernière Barcelone: les derniers attentats en sont de sinistres exemples; de plus en plus de terroristes utilisent des voitures ou des véhicules pour commettre leurs actes sanglants. Dans la plupart des cas, les barrières de béton ou les herses dressées par la police n'ont offert que de très pauvres remparts. De quoi motiver les services de polices européennes à trouver des solutions alternatives. La Commission européenne a ainsi injecté plus de 3.3 millions d'euros dans un projet baptisé Savalec (Safe control of non cooperative vehicles through electromagnetic means ) et qui vise à arrêter, de loin et sans risques d'explosion, les voitures lancées dans une course meurtrière. Des chercheurs allemands, espagnols et slovaques ont ainsi participé au développement d'un canon à impulsions électromagnétiques (IEM). Un canon dont les ondes puissantes pourraient créer un champ électromagnétique qui rendrait "folle" l'électronique présente à bord des véhicules. L'électronique, un talon d'Achille Une électronique qui n'a cessé de prendre de l'ampleur depuis les années 80. La contrôler permettrait de se rendre maître du véhicule et le forcer à l'arrêt. Si, à la base, ce projet débuté en 2012 visait à pouvoir arrêter plus facilement les fuyards en cas de course-poursuite, il a malheureusement trouvé d'autres applications. L'IEM existe déjà depuis plusieurs années, mais les possibilités offertes par Savalec dépassent les espérances du chef de projet Marta Martínez Vázquez. Elle et son équipe seraient parvenues à développer un canon capable d'envoyer des ondes suffisamment puissantes que pour arrêter un véhicule tout en ne présentant pas de risques pour la personne au sein de l'habitacle ainsi que pour ceux qui utilisent ledit canon. Et qui, cerise sur le gâteau, ne font pas exploser les airbags ou le réservoir d'essence. Le canon permettrait d'arrêter le véhicule durant trois minutes avec un taux de réussite de 75% précise l'Avenir. La technique fonctionnerait aussi pour les bateaux et les drones. Avant d'utiliser à large échelle Savalec, qui est actuellement encore à l'état de prototype, la Commission souhaite être certaine que le procédé ne représente aucun danger pour la santé. Une prudence dont ne semblent pas s'encombrer des firmes privées comme l'Allemande Diehl Defence qui propose déjà ce genre de canon. Un canon qui aurait déjà été utilisé lors d'un G7 pour tenir les drones à distance. En ce qui concerne la Belgique, la porte-parole de la police fédérale explique au journal De Standaard que la chose est à l'étude, mais qu'aucune offre d'achat n'est en cours. "Nous savons que plusieurs pays cherchent à innover dans le domaine des barrages policiers. Les résultats sont partagés par Europol et nous les suivons de près" conclut-elle. Officiellement, on en est donc encore au "Wait and see".