Comme tous les ans au tournant des mois de février et de mars, les notaires du pays se penchent sur leurs statistiques de l'année écoulée pour en dresser le bilan immobilier. Ils ont, pour ce faire, épluché les signatures des compromis de vente, c'est-à-dire les accords entre propriétaires et vendeurs passés trois à quatre mois avant les actes de vente. De quoi offrir les données les plus récentes disponibles sur le marché. Mais avant de commenter le nombre de transactions et les prix auxquels elles ont été conclues province par province et commune par commune, Fednot, la Fédération royale du notariat belge épingle quelques considérations plus générales.

Réformes wallonnes

" D'un point de vue législatif, l'année 2018 a été marquée par un nombre impressionnant de réformes administratives, judiciaires, civiles et fiscales ", avance-t-elle dans son rapport. Pour ce qui est de celles qui ont trait à l'immobilier, Fednot retient la réforme de la vente publique, entrée en vigueur en mai 2018. Entre autres mesures visant à simplifier la procédure, les notaires saluent le lancement de Biddit, leur plateforme de vente publique en ligne rapide - " vous pouvez devenir propriétaire d'une maison en quelques semaines " - et sécurisée. Un outil apprécié des investisseurs qui souhaitent s'aventurer sur d'autres marchés, soulignent-ils, évoquant le cas d'acquéreurs flamands explorant par ce biais le territoire wallon.

Autre avancée législative de taille, celle de l'amnistie, en Wallonie, des infractions urbanistiques réalisées avant le 1er mars 1998 : annexe, terrasse, véranda, Velux, carport, abri de jardin, piscine, abattage d'arbres... " Un grand nombre d'habitations wallonnes comportent au moins une infraction urbanistique ", assurent-ils. Lesquelles " étaient susceptibles de créer des situations de blocage en cas de vente ". Ce n'est plus le cas depuis l'entrée en vigueur de ce décret, à la mi-décembre 2017. Au rang des mesures fiscales, et au sud du pays toujours, les notaires soulignent l'instauration d'un abattement des droits d'enregistrement (12,5 %) sur une première tranche du prix de vente de 20 000 euros. Soit un " cadeau " fiscal de 2 500 euros pour toute acquisition d'une habitation unique servant de résidence principale. Une mesure cumulable avec l'application du taux réduit de 6 % en cas d'achat d'une habitation modeste, dont le revenu cadastral est inférieur à 745 euros.

Pour rappel, à Bruxelles, l'abattement vaut sur une première tranche de 175 000 euros (soit 21 875 euros) et soutient le marché depuis janvier 2017.

Une inflation de 2,3 %

Sur le plan macro-économique, les notaires relèvent que le niveau de l'inflation est monté à 2,3 % en 2018. Toutes les hausses et baisses de prix décrites dans les pages suivantes doivent donc être relativisées en fonction. Pour le reste, les taux d'intérêt hypothécaires sont restés historiquement bas, flirtant avec la barre des 2 % tout au long de l'année. Le nombre de crédits octroyés est en hausse par rapport à 2017 : +7 % pour les achats, +3,2 % pour les constructions et +7,7 % pour les achats combinés à une rénovation. Les montants empruntés ont, eux aussi, augmenté, de 4 % sur un an.

Prix médians et maisons standard

Dans leur rapport, les notaires travaillent avec des prix médians, qui excluent les extrêmes pour mieux coller à la réalité du marché. " La médiane permet de partager une série de ventes en deux parties égales ", expliquent-ils. La moitié des opérations a eu cours à des prix inférieurs à la médiane et l'autre moitié à des prix supérieurs. De même, ils désignent sous le vocable de " maison " les habitations les plus communes en la matière. Ne sont donc pas repris les immeubles de rapport, les fermes et les villas de luxe.