Selon les résultats officiels, les libéraux de M. Trudeau ont remporté 157 des 338 sièges en lice à la Chambre des communes. Dans l'assemblée sortante, ils disposaient d'une confortable majorité absolue de 177 sièges. Justin Trudeau devra composer avec un gouvernement minoritaire. Avant de lancer les consultations avec ses futurs alliés, M. Trudeau est allé mardi matin à la rencontre de Montréalais dans une station de métro, se prêtant de bonne grâce comme à son habitude au jeu des selfies, selon des images télévisées. Même s'il sort affaibli de ces élections, le Premier ministre a fait légèrement mieux que prévu par les sondages, qui le donnaient jusqu'à peu avant le scrutin au coude-à-coude avec son rival conservateur Andrew Scheer. Ce dernier a reconnu sa défaite et félicité son rival, bien que les conservateurs, qui finissent avec 121 sièges, aient en fait remporté le vote populaire (34,4% des voix contre 33,1% pour les libéraux). Après une campagne tendue marquée par des scandales de part et d'autre, M. Trudeau avait reçu le soutien de l'ancien président américain Barack Obama, qui avait appelé les Canadiens à reconduire "un dirigeant travailleur, efficace, qui s'attaque aux grands problèmes tels que le changement climatique". Le Premier ministre doit maintenant s'atteler à la difficile tâche de la formation d'un gouvernement, et devra tenir compte des exigences des partis sans lesquels il ne pourra pas gouverner. Yves-François Blanchet, le chef du Bloc québécois (BQ), un parti en déshérence il y a à peine quelques mois et qui a fait une remontée spectaculaire dans les urnes dans la province francophone, s'est dit ouvert à une collaboration ponctuelle avec le nouveau gouvernement, si les intérêts du Québec sont préservés. Quant au chef du Nouveau parti démocratique (NPD, gauche) Jagmeet Singh, l'une des révélations de la campagne dont la formation a toutefois fait moins bien que prévu (24 sièges), il a promis d'être "constructif". (Belga)