Actuellement, le taux d'alcool dans le sang autorisé est de 0,5 pour mille pour les particuliers et de 0,2 pour les professionnels. La proposition de loi de Joris Vandenbroucke (sp.a) et Kim Buyst (Groen) vise à généraliser le taux à 0,2 pour mille. "Aujourd'hui, certains conducteurs prennent quelques verres, font des calculs sur leur alcoolémie et souvent se trompent. Bref, le fait d'autoriser un ou deux verres incite certains à la consommation, ce qui est néfaste pour la sécurité routière", commente Vias. Mais avant d'appliquer une telle mesure, l'institut, qui craint des "effets contre-productifs", suggère de mener une étude sur les conséquences d'un abaissement à 0,2 pour mille, notamment en termes de capacités policières. "Plus de conducteurs vont être positifs lors des contrôles d'alcool. Cela va prendre beaucoup de temps à chaque fois aux policiers pour établir les procès-verbaux et ils risquent de laisser passer les grands consommateurs d'alcool entre les mailles du filet", s'inquiète notamment Vias. Il souligne d'ailleurs que le taux d'alcool moyen des conducteurs impliqués dans les accidents corporels "tourne autour de 1,7 pour mille". D'après l'institut, il faudrait, idéalement, d'abord simplifier les procédures en matière d'alcool au volant avant d'envisager la tolérance zéro. "Une autre piste serait de privatiser une partie des contrôles vitesse pour libérer une certaine capacité pour les contrôles alcool, ce qui ne nuirait pas au risque de se faire contrôler, même en cas d'abaissement du taux d'alcool légal", ajoute-t-il. Vias précise que son étude aurait également comme objectif d'analyser l'impact de la tolérance zéro dans les pays où elle est déjà d'application, ainsi que les conditions pour que son instauration soit la plus efficace possible. Au cours des six premiers mois de l'année, 306 personnes ont perdu la vie dans la circulation, soit une augmentation de 27% par rapport à l'an passé. (Belga)