Le président de la commission Kazakhgate, Dirk Van der Maelen (SP.A), a claqué la porte, ce mercredi après-midi, excédé par les pressions de la majorité qui veut absolument terminer toutes les auditions de cette commission avant le 21 juillet, date à laquelle débuteront les vacances parlementaires. Il a bel et bien quitté la salle Yourcenaer en pleine séance, malgré les aboiements de Vincent Van Quickenborne (Open-VLD) l'enjoignant de retourner à son perchoir. Ambiance. L'agenda est devenu le principal enjeu de cette assemblée de 17 députés chargés d'enquêter sur la manière dont la transaction pénale élargie a été adoptée au printemps 2011, juste avant que puissent en bénéficier le milliardaire ouzbèko-belge Patokh Chodiev et ses associés.

Soyons lucide : l'intérêt de l'opposition est de jouer les prolongations pour que les médias parlent du Kazakhgate le plus longtemps possible. La majorité, elle, veut se débarrasser au plus vite de ce dossier très gênant, en particulier pour le MR, le parti du Premier ministre Charles Michel et du vice-Premier Didier Reynders, dont le nom apparaît à maintes reprises dans ce scandale d'Etats. La commission d'enquête parlementaire a donc récemment adopté, majorité contre opposition, un agenda turbo qui, s'il est respecté, verra les auditions prendre fin le 14 ou le 17 juillet. Du point de vue des partis de l'exécutif, c'est de bonne guerre.

Révélateur : les dernières auditions prévues sont celles des principaux ministres qui formaient le gouvernement Leterme II, en affaires courantes à l'époque de la négociation en kern sur le projet de transaction élargie. Parmi eux, Stefaan De Clerck (CD&V), alors ministre de la Justice, et Didier Reynders (MR), ministre des Affaires étrangères. On le sait, De Clerck a reçu Armand De Decker, un dimanche de février 2011 à son domicile, dans le cadre du dossier Chodiev. Son témoignage s'avère crucial. Quant à Reynders, plusieurs protagonistes du Kazakhgate le citent dans divers courriers, mails ou agendas personnels. C'est peu dire que son audition est très attendue. Or, selon l'agenda fixé par la commission, les deux hommes viendraient témoigner, en tout dernier lieu, le 14 ou le 17 juillet, en plein pendant les vacances d'été. La majorité et le MR y voient certainement l'avantage qu'à ce moment-là, l'opinion et les médias seront déjà en mode estival. Tout bon pour Reynders, en position délicate dans ce dossier...

Le respect de l'agenda frise néanmoins l'obsession au sein de la majorité. Ce mercredi matin, un témoin vraiment clé du Kazakhgate était auditionné par les commissaires, pour le troisième volet "application de la loi". Il s'agissait de Patrick De Wolf, l'avocat-général qui a négocié la transaction pénale avec le trio kazakh. Son rapport remis la veille ainsi que son exposé préliminaire devant la commission étaient certes fort longs, mais incomplets sur plusieurs points. Or aucun député de la majorité ne lui a posé de question... Si le but était de gagner du temps, c'est regrettable, car cela se fait au détriment de la recherche de la vérité. Tabler sur un agenda politiquement favorable, on peut le comprendre. Mais s'enfermer dans un agenda au point de bâcler la fin des travaux est inacceptable. Karine Lalieux (PS) a accusé la majorité de "sabotage". La majorité va-t-elle lui donner raison dans les trois semaines à venir ?

Le président de la commission Kazakhgate, Dirk Van der Maelen (SP.A), a claqué la porte, ce mercredi après-midi, excédé par les pressions de la majorité qui veut absolument terminer toutes les auditions de cette commission avant le 21 juillet, date à laquelle débuteront les vacances parlementaires. Il a bel et bien quitté la salle Yourcenaer en pleine séance, malgré les aboiements de Vincent Van Quickenborne (Open-VLD) l'enjoignant de retourner à son perchoir. Ambiance. L'agenda est devenu le principal enjeu de cette assemblée de 17 députés chargés d'enquêter sur la manière dont la transaction pénale élargie a été adoptée au printemps 2011, juste avant que puissent en bénéficier le milliardaire ouzbèko-belge Patokh Chodiev et ses associés. Soyons lucide : l'intérêt de l'opposition est de jouer les prolongations pour que les médias parlent du Kazakhgate le plus longtemps possible. La majorité, elle, veut se débarrasser au plus vite de ce dossier très gênant, en particulier pour le MR, le parti du Premier ministre Charles Michel et du vice-Premier Didier Reynders, dont le nom apparaît à maintes reprises dans ce scandale d'Etats. La commission d'enquête parlementaire a donc récemment adopté, majorité contre opposition, un agenda turbo qui, s'il est respecté, verra les auditions prendre fin le 14 ou le 17 juillet. Du point de vue des partis de l'exécutif, c'est de bonne guerre.Révélateur : les dernières auditions prévues sont celles des principaux ministres qui formaient le gouvernement Leterme II, en affaires courantes à l'époque de la négociation en kern sur le projet de transaction élargie. Parmi eux, Stefaan De Clerck (CD&V), alors ministre de la Justice, et Didier Reynders (MR), ministre des Affaires étrangères. On le sait, De Clerck a reçu Armand De Decker, un dimanche de février 2011 à son domicile, dans le cadre du dossier Chodiev. Son témoignage s'avère crucial. Quant à Reynders, plusieurs protagonistes du Kazakhgate le citent dans divers courriers, mails ou agendas personnels. C'est peu dire que son audition est très attendue. Or, selon l'agenda fixé par la commission, les deux hommes viendraient témoigner, en tout dernier lieu, le 14 ou le 17 juillet, en plein pendant les vacances d'été. La majorité et le MR y voient certainement l'avantage qu'à ce moment-là, l'opinion et les médias seront déjà en mode estival. Tout bon pour Reynders, en position délicate dans ce dossier...Le respect de l'agenda frise néanmoins l'obsession au sein de la majorité. Ce mercredi matin, un témoin vraiment clé du Kazakhgate était auditionné par les commissaires, pour le troisième volet "application de la loi". Il s'agissait de Patrick De Wolf, l'avocat-général qui a négocié la transaction pénale avec le trio kazakh. Son rapport remis la veille ainsi que son exposé préliminaire devant la commission étaient certes fort longs, mais incomplets sur plusieurs points. Or aucun député de la majorité ne lui a posé de question... Si le but était de gagner du temps, c'est regrettable, car cela se fait au détriment de la recherche de la vérité. Tabler sur un agenda politiquement favorable, on peut le comprendre. Mais s'enfermer dans un agenda au point de bâcler la fin des travaux est inacceptable. Karine Lalieux (PS) a accusé la majorité de "sabotage". La majorité va-t-elle lui donner raison dans les trois semaines à venir ?