Agé de 72 ans, l'ancien président de la Cour suprême de cet Etat religieux et conservateur a expliqué qu'il se présentait pour se venger des "fausses informations" qui ont affecté sa campagne il y a près de deux ans. "Je me suis battu pour la moralité, pour préserver nos institutions morales et je suis prêt à le refaire", a-t-il affirmé lors d'une conférence de presse à Montgomery. "Je peux gagner. Ils savent que je peux le faire, c'est pour ça qu'il y a beaucoup d'opposition", a-t-il affirmé. En décembre 2017, M. Moore s'était présenté pour remplacer Jeff Sessions, qui avait été nommé ministre de la Justice. Bénéficiant du soutien de Donald Trump, il avait toutefois subi une humiliante défaite face à un démocrate peu connu, Doug Jones, après avoir été accusé d'avoir agressé sexuellement des adolescentes dans les années 1970 et 1980 lorsqu'il était trentenaire. Il avait nié ces allégations. Il a accusé jeudi les sénateurs républicains de fomenter "une campagne de diffamation" à son égard. Cette fois-ci, il n'aura pas le soutien du président. M. Trump a estimé en mai sur Twitter que "les républicains ne peuvent pas se permettre de perdre le siège du Sénat pour le bel Etat de l'Alabama" en donnant l'investiture à Roy Moore. Le fils aîné du président, Donald Jr, a souligné jeudi sur Twitter qu'en faisant campagne, "Roy Moore affronte mon père et il fait du tort à tous les conservateurs du pays". Roy Moore a été élu deux fois président de la Cour suprême de l'Alabama, fonction dont il a été déchu deux fois: en 2003, il avait refusé de retirer d'un bâtiment judiciaire une statue en l'honneur des Tables de la Loi et, en 2016, il avait défié la Cour suprême des Etats-Unis en refusant d'appliquer sa décision légalisant le mariage homosexuel dans tout le pays. (Belga)