"La famille est arrivée mardi dans l'unité familiale du 127bis", confirme la porte-parole de l'Office des étrangers, qui ajoute qu'il s'agit de la seule famille présente en ce moment dans cette unité. Le gouvernement Michel a décidé l'été dernier d'ouvrir ces unités en vue de permettre l'expulsion d'une famille avec enfants mineurs à partir d'un centre fermé et non plus seulement d'unités ouvertes. Le recours à ces unité familiales est une solution de dernier recours et un arrêté royal fixe à deux semaines renouvelables le délai de détention.

"Toutes les procédures de recours ont été rejetées. La famille a refusé la possibilité d'un retour volontaire. Elle a aussi été placée dans une maison ouverte, dont elle s'est évadée. Toutes les tentatives ayant échoué, elle est désormais au 127bis où l'on prépare le retour vers le pays d'origine."

Selon l'Office des étrangers, l'expulsion vers l'Ukraine devrait intervenir dans les prochains jours lorsque les conditions techniques et administratives seront remplies, en concertation avec le pays d'origine.

"Il s'agit de la cinquième famille avec enfants à être enfermée", selon un décompte communiqué par une porte-parole d'Amnesty International. "Force est de constater que la reprise en main par Maggie De Block des dossiers asile et migration n'a encore rien changé à la pratique du gouvernement, qui continue de bafouer gravement les droits de l'enfant", déplorent les associations de la campagne "On n'enferme pas un enfant. POINT", dont fait partie Amnesty International.

"Nous rappelons que la détention d'un enfant est cruelle, néfaste et contraire à l'intérêt supérieur de l'enfant. Des alternatives existent", souligne l'organisation. "Elles sont efficaces, moins nuisibles, moins coûteuses. Elles doivent être mises en oeuvre, évaluées, et améliorées si nécessaire. Il est urgent que la Belgique revienne sur la voie de l'humanité", conclut Amnesty, qui ajoute que l'ONG Jesuit Refugee Service (JRS) effectuera une visite sur place vendredi.