Le projet avait commencé en 2011, et cela fait maintenant des années que les tensions montent entre les différents pays. Certains évoquent même la menace imminente d'une 'guerre de l'eau'. La construction du barrage presque achevée, l'Éthiopie dit avoir besoin de l'électricité générée par la centrale pour sortir des millions de ses citoyens de la pauvreté. Mais le barrage placé sur le Nil inquiète le Soudan et l'Égypte en aval du fleuve. L'Égypte est surtout concernée, elle dont l'agriculture dépend entièrement de l'eau du Nil. "Le Nil Bleu est un fleuve très saisonnier", explique Sebastien Sterl, expert en planification énergétique à la VUB et à la KU Leuven et auteur principal de l'étude. "Le réservoir du GERD est si grand qu'il permet de stocker tout le débit annuel du fleuve et fournir de l'énergie hydroélectrique tout au long de l'année, ce qui supprimerait la saisonnalité du débit. Cela a beaucoup de sens du point de vue éthiopien, mais cela modifierait le profil naturel de l'eau en aval du GERD, au Soudan et en Égypte. Derrière les nombreux désaccords autour du GERD se cache la question de savoir qui devrait être autorisé à exercer un tel contrôle sur le Nil". Sebastien Sterl et son équipe de chercheurs belges et allemands proposent dès lors une solution qui bénéficierait aux trois pays. Les chercheurs ont observé une 'synergie saisonnière' entre l'eau, le soleil et le vent. Soleil et vent auraient des profils saisonniers opposés à ceux du débit du Nil: le soleil brille plus et le vente souffle durant la saison sèche. L'idée proposée par l'étude serait de construire des parcs solaires et éoliens à grande échelle. Si le GERD fonctionnait toute l'année en conjonction avec les énergies solaires et éolienne, il produirait moins d'hydroélectricité durant la saison sèche et plus durant la saison des pluies. L'eau sortant du barrage aurait alors un caractère saisonnier ressemblant au débit naturel du fleuve. "Essentiellement, l'Éthiopie aurait tous les avantages attendus d'un grand barrage, mais pour le Soudan et l'Égypte, il semblerait que les Éthiopiens n'aient construit qu'un modeste réservoir relativement petit. Il existe déjà de nombreux réservoirs de ce type sur le Nil, donc aucun pays en aval de l'Éthiopie ne pourrait vraiment s'y opposer", explique Sebastien Sterl. Selon les auteurs, toute la région de l'Afrique de l'Est pourrait y contribuer et ainsi en tirer parti dans le long terme. "L'Éthiopie pourrait théoriquement faire cavalier seul, en utilisant le GERD pour soutenir sa propre énergie solaire et éolienne", selon M. Sterl. "Mais cela fonctionnerait bien mieux si, par exemple, le Soudan se joignait à l'Éthiopie - il dispose de meilleures ressources solaires et éoliennes que l'Éthiopie, ce qui permettrait de meilleures synergies hydro-solaires-éoliennes et une réduction des coûts globaux de la production d'énergie renouvelable. L'Égypte dispose également de ressources solaires et éoliennes importantes, tout comme Djibouti, le Soudan du Sud et d'autres pays d'Afrique de l'Est. La coopération régionale au sein d'un pool énergétique commun d'Afrique de l'Est pourrait être essentielle." En attendant, l'Éthiopie ne se montre pas pressée dans les négociations et ne semble pas encore disposée à conclure des accords sur l'exploitation du barrage. Mais pour le Soudan et surtout pour l'Égypte, le temps presse: l'agriculture égyptienne est totalement dépendante du débit des eaux du Nil. En juin, une nouvelle saison humide commence, et le barrage peut être rempli pour la deuxième année. On s'attend à ce qu'il faille encore deux à trois ans avant que le barrage ne soit complètement rempli. (Belga)

Le projet avait commencé en 2011, et cela fait maintenant des années que les tensions montent entre les différents pays. Certains évoquent même la menace imminente d'une 'guerre de l'eau'. La construction du barrage presque achevée, l'Éthiopie dit avoir besoin de l'électricité générée par la centrale pour sortir des millions de ses citoyens de la pauvreté. Mais le barrage placé sur le Nil inquiète le Soudan et l'Égypte en aval du fleuve. L'Égypte est surtout concernée, elle dont l'agriculture dépend entièrement de l'eau du Nil. "Le Nil Bleu est un fleuve très saisonnier", explique Sebastien Sterl, expert en planification énergétique à la VUB et à la KU Leuven et auteur principal de l'étude. "Le réservoir du GERD est si grand qu'il permet de stocker tout le débit annuel du fleuve et fournir de l'énergie hydroélectrique tout au long de l'année, ce qui supprimerait la saisonnalité du débit. Cela a beaucoup de sens du point de vue éthiopien, mais cela modifierait le profil naturel de l'eau en aval du GERD, au Soudan et en Égypte. Derrière les nombreux désaccords autour du GERD se cache la question de savoir qui devrait être autorisé à exercer un tel contrôle sur le Nil". Sebastien Sterl et son équipe de chercheurs belges et allemands proposent dès lors une solution qui bénéficierait aux trois pays. Les chercheurs ont observé une 'synergie saisonnière' entre l'eau, le soleil et le vent. Soleil et vent auraient des profils saisonniers opposés à ceux du débit du Nil: le soleil brille plus et le vente souffle durant la saison sèche. L'idée proposée par l'étude serait de construire des parcs solaires et éoliens à grande échelle. Si le GERD fonctionnait toute l'année en conjonction avec les énergies solaires et éolienne, il produirait moins d'hydroélectricité durant la saison sèche et plus durant la saison des pluies. L'eau sortant du barrage aurait alors un caractère saisonnier ressemblant au débit naturel du fleuve. "Essentiellement, l'Éthiopie aurait tous les avantages attendus d'un grand barrage, mais pour le Soudan et l'Égypte, il semblerait que les Éthiopiens n'aient construit qu'un modeste réservoir relativement petit. Il existe déjà de nombreux réservoirs de ce type sur le Nil, donc aucun pays en aval de l'Éthiopie ne pourrait vraiment s'y opposer", explique Sebastien Sterl. Selon les auteurs, toute la région de l'Afrique de l'Est pourrait y contribuer et ainsi en tirer parti dans le long terme. "L'Éthiopie pourrait théoriquement faire cavalier seul, en utilisant le GERD pour soutenir sa propre énergie solaire et éolienne", selon M. Sterl. "Mais cela fonctionnerait bien mieux si, par exemple, le Soudan se joignait à l'Éthiopie - il dispose de meilleures ressources solaires et éoliennes que l'Éthiopie, ce qui permettrait de meilleures synergies hydro-solaires-éoliennes et une réduction des coûts globaux de la production d'énergie renouvelable. L'Égypte dispose également de ressources solaires et éoliennes importantes, tout comme Djibouti, le Soudan du Sud et d'autres pays d'Afrique de l'Est. La coopération régionale au sein d'un pool énergétique commun d'Afrique de l'Est pourrait être essentielle." En attendant, l'Éthiopie ne se montre pas pressée dans les négociations et ne semble pas encore disposée à conclure des accords sur l'exploitation du barrage. Mais pour le Soudan et surtout pour l'Égypte, le temps presse: l'agriculture égyptienne est totalement dépendante du débit des eaux du Nil. En juin, une nouvelle saison humide commence, et le barrage peut être rempli pour la deuxième année. On s'attend à ce qu'il faille encore deux à trois ans avant que le barrage ne soit complètement rempli. (Belga)