Alexis Deswaef explique que cette information lui a été communiquée par un lanceur d'alertes travaillant très vraisemblablement au sein des pouvoirs publics. D'après celui-ci, "le plan des autorités et de la police est de poursuivre les opérations aux abords du parc Maximilien et de la gare du Nord avec un quota d'arrestations journalières entre 20 et 30 personnes. Puis, et surtout, le jeudi 21 septembre, une 'méga-opération de police' serait planifiée, cette fois sur tout le territoire de la Région de Bruxelles-Capitale avec un quota fixé à 250 arrestations", raconte le président de la LDH.

Aux yeux d'Alexis Deswaef, "cette opération servira à marquer le coup et s'inscrit dans la politique de 'nettoyage' de Francken et Jambon, où on fait de la politique-symbole tout en déplaçant le problème pour dissuader les migrants de venir à Bruxelles".

"Le caractère planifié et collectif de ces arrestations, ainsi que le fait de fixer à l'avance un quota de personnes à interpeller, posent un grave problème de légalité car c'est contraire à la loi sur la fonction de police et à toutes les dispositions légales dans un état de droit. Ces rafles illégales constituent une violation de la dignité humaine, de la liberté de circulation, ainsi qu'un non-respect du principe de proportionnalité et de non-discrimination", conclut l'avocat.

En six ans à la présidence de la LDH, c'est la première fois qu'il est contacté "par quelqu'un travaillant au sein de l'appareil répressif de l'État et qui se sent obligé de dénoncer des faits", confie-t-il encore.

Alexis Deswaef a repris les informations communiquées par le lanceur d'alerte dans un courrier adressé au procureur général près la cour d'appel de Bruxelles et au procureur du Roi près le tribunal de première instance de Bruxelles.

De son côté, Theo Francken assure que l'on n'a jamais travaillé sur base de quotas. "Cela n'existe pas. Si des actions de police sont organisées, elles le sont de façon à ce que tout le monde soit contrôlé. Si des personnes séjournant illégalement sur le territoire sont découvertes, l'Office des Etrangers est saisi. Mais on ne sait jamais à l'avance qui l'on va appréhender", affirme-t-on à son cabinet.