Si l'on en croit cette enquête - réalisée auprès de 2.300 personnes, dont le nombre de jeunes de 15 à 25 ans a été sur-échantillonné afin de mieux mesurer leur positionnement - la catégorie des 15-24 ans est la plus touchée pour toutes les formes de violences sexuelles prises en compte dans le sondage (dont la moins "grave" était de formuler des demandes répétées et insistantes à caractère sexuel).

Ainsi, il apparaît qu'un jeune sur quatre a déjà enduré un viol et minimum 48% des victimes de violence sexuelle y ont été exposées pour la première fois avant l'âge de 19 ans.

Par ailleurs, 20% des femmes interrogées déclarent avoir été victimes de viol, ce qui représente une augmentation significative par rapport à un sondage similaire réalisé en 2014 lorsque 13% disaient avoir enduré un viol (+ 7 points de pourcentage en l'espace de cinq ans).

"Cette augmentation est à mettre en relation, selon nous, avec la libération de la parole des femmes, après notamment le mouvement #MeToo et toute la sensibilisation réalisée autour de la problématique du viol, mais elle n'en demeure pas moins extrêmement choquante", a déclaré le directeur de la section belge francophone d'Amnesty International, Philippe Hensmans. "Ces chiffres laissent en effet penser que la prévalence du viol n'a pas diminué depuis cinq ans, voire qu'elle a augmenté. C'est un signal très fort que nos autorités doivent entendre: la Belgique peut et doit mieux faire pour endiguer ce fléau", a-t-il lancé.

Le sondage met encore en évidence que seuls 14% des femmes ayant porté plainte pour des faits de violences sexuelles se déclarent satisfaites de cette démarche. Septante-sept pour cent des sondés pensent d'ailleurs que la Justice n'est pas efficace pour retrouver l'auteur et que cela peut être un frein pour les victimes, tandis que 68% des répondants considèrent que le classement sans suite est dommageable car il contribue à l'impunité des violeurs.

"Ces affirmations sont à mettre en relation avec les statistiques du ministère de la Justice montrant que, dans 53% des cas, les dossiers de viol sont classés sans suite", souligne Philippe Hensmans. A cet égard, Amnesty demande de prendre des mesures pour lutter contre l'impunité des violeurs et améliorer la prise en charge des victimes tout au long de la procédure, en commençant par offrir une meilleure formation aux policiers, qui se trouvent en première ligne.

Amnesty a adressé aux autorités l'ensemble de ses revendications, rassemblées dans une pétition, afin que la Belgique se conforme à ses obligations découlant de la ratification de la Convention d'Istanbul contre les violences faites aux femmes.

"Bien que la Convention d'Istanbul soit une disposition contraignante du Conseil de l'Europe, la Belgique ne respecte que très partiellement les engagements qu'elle a pris en la ratifiant en 2016. Depuis lors, ces engagements ont été appliqués à environ 20%, ce qui est nettement insuffisant. Compte tenu de l'urgence et de la gravité de la situation, nous attendons de nos autorités qu'elles fassent beaucoup plus et mieux", conclut Philippe Hensmans.

Le consentement, un concept encore flou pour beaucoup de jeunes

Face aux violences sexuelles, la notion de consentement reste floue pour une bonne partie de l'opinion publique, particulièrement chez les jeunes. Un tiers des moins de 26 ans pensent ainsi qu'il est normal d'insister pour avoir des rapports sexuels, selon un sondage commandé par Amnesty International et SOS Viol, publié jeudi. Les deux organisations demandent dès lors de réellement généraliser l'éducation sexuelle dans les établissements scolaires du pays.

Un tiers des jeunes sondés estiment également que l'on ne peut pas parler de viol si une personne ne dit pas explicitement "non".

Le sondage montre encore que seuls 53% des jeunes interrogés sont conscients du fait que le viol sur un(e) partenaire est une agression sexuelle qui est passible d'emprisonnement.

Si l'on se concentre sur les répondants de sexe masculin exclusivement, un cinquième d'entre eux pensent qu'ils ne peuvent pas être accusés de viol par leur partenaire s'ils ont imposé une relation sexuelle et un quart pensent qu'ils ne peuvent pas être accusés de viol s'ils ont imposé une fellation. Or, la loi belge définit le viol comme tout acte de pénétration commis en l'absence de consentement.

Pour Amnesty, il y a donc clairement une mauvaise compréhension de cette notion, surtout chez les jeunes. L'organisation de défense des droits humains appelle dès lors les autorités à renforcer le programme d'Éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (Evras) dans les écoles du pays afin qu'il soit dispensé à toutes et tous de manière systématique. De son côté, Amnesty va lancer une vaste campagne de sensibilisation sur le consentement, qui ciblera les garçons et les jeunes hommes, lesquels "ne semblent pas toujours prendre la réelle mesure de la gravité de leurs actes et de leurs conséquences".

Enfin, l'enquête ne fait pas l'impasse sur les nombreux préjugés masculins sur le viol et les violences sexuelles. Ainsi, 20% des hommes interrogés pensent que les femmes aiment être forcées, et que la violence est sexuellement excitante pour elles. Ils sont par ailleurs 39% à considérer que, lorsqu'il s'agit de porter plainte pour viol, les femmes accusent souvent à tort.

Quant à la responsabilité de la victime, elle continue à pâtir de croyances négatives. Ainsi, 48% des hommes et 37% des femmes sondées estiment que des "circonstances atténuantes" liées au comportement de la victime peuvent exister dans certains cas, rendant cette dernière en partie responsable de son agression: 16% pointent les vêtements sexy, 16% également le fait de ne pas avoir dit explicitement "non" et 14% les "comportements provocants".

Le sondage a été réalisé auprès de 2.300 personnes. Le nombre de jeunes de 15 à 25 ans a été sur-échantillonné afin de mieux mesurer leur positionnement. Sur l'échantillon total, la marge d'erreur maximale est de ± 2,05%.

Si l'on en croit cette enquête - réalisée auprès de 2.300 personnes, dont le nombre de jeunes de 15 à 25 ans a été sur-échantillonné afin de mieux mesurer leur positionnement - la catégorie des 15-24 ans est la plus touchée pour toutes les formes de violences sexuelles prises en compte dans le sondage (dont la moins "grave" était de formuler des demandes répétées et insistantes à caractère sexuel). Ainsi, il apparaît qu'un jeune sur quatre a déjà enduré un viol et minimum 48% des victimes de violence sexuelle y ont été exposées pour la première fois avant l'âge de 19 ans. Par ailleurs, 20% des femmes interrogées déclarent avoir été victimes de viol, ce qui représente une augmentation significative par rapport à un sondage similaire réalisé en 2014 lorsque 13% disaient avoir enduré un viol (+ 7 points de pourcentage en l'espace de cinq ans). "Cette augmentation est à mettre en relation, selon nous, avec la libération de la parole des femmes, après notamment le mouvement #MeToo et toute la sensibilisation réalisée autour de la problématique du viol, mais elle n'en demeure pas moins extrêmement choquante", a déclaré le directeur de la section belge francophone d'Amnesty International, Philippe Hensmans. "Ces chiffres laissent en effet penser que la prévalence du viol n'a pas diminué depuis cinq ans, voire qu'elle a augmenté. C'est un signal très fort que nos autorités doivent entendre: la Belgique peut et doit mieux faire pour endiguer ce fléau", a-t-il lancé. Le sondage met encore en évidence que seuls 14% des femmes ayant porté plainte pour des faits de violences sexuelles se déclarent satisfaites de cette démarche. Septante-sept pour cent des sondés pensent d'ailleurs que la Justice n'est pas efficace pour retrouver l'auteur et que cela peut être un frein pour les victimes, tandis que 68% des répondants considèrent que le classement sans suite est dommageable car il contribue à l'impunité des violeurs. "Ces affirmations sont à mettre en relation avec les statistiques du ministère de la Justice montrant que, dans 53% des cas, les dossiers de viol sont classés sans suite", souligne Philippe Hensmans. A cet égard, Amnesty demande de prendre des mesures pour lutter contre l'impunité des violeurs et améliorer la prise en charge des victimes tout au long de la procédure, en commençant par offrir une meilleure formation aux policiers, qui se trouvent en première ligne. Amnesty a adressé aux autorités l'ensemble de ses revendications, rassemblées dans une pétition, afin que la Belgique se conforme à ses obligations découlant de la ratification de la Convention d'Istanbul contre les violences faites aux femmes. "Bien que la Convention d'Istanbul soit une disposition contraignante du Conseil de l'Europe, la Belgique ne respecte que très partiellement les engagements qu'elle a pris en la ratifiant en 2016. Depuis lors, ces engagements ont été appliqués à environ 20%, ce qui est nettement insuffisant. Compte tenu de l'urgence et de la gravité de la situation, nous attendons de nos autorités qu'elles fassent beaucoup plus et mieux", conclut Philippe Hensmans.Le consentement, un concept encore flou pour beaucoup de jeunes Face aux violences sexuelles, la notion de consentement reste floue pour une bonne partie de l'opinion publique, particulièrement chez les jeunes. Un tiers des moins de 26 ans pensent ainsi qu'il est normal d'insister pour avoir des rapports sexuels, selon un sondage commandé par Amnesty International et SOS Viol, publié jeudi. Les deux organisations demandent dès lors de réellement généraliser l'éducation sexuelle dans les établissements scolaires du pays. Un tiers des jeunes sondés estiment également que l'on ne peut pas parler de viol si une personne ne dit pas explicitement "non". Le sondage montre encore que seuls 53% des jeunes interrogés sont conscients du fait que le viol sur un(e) partenaire est une agression sexuelle qui est passible d'emprisonnement. Si l'on se concentre sur les répondants de sexe masculin exclusivement, un cinquième d'entre eux pensent qu'ils ne peuvent pas être accusés de viol par leur partenaire s'ils ont imposé une relation sexuelle et un quart pensent qu'ils ne peuvent pas être accusés de viol s'ils ont imposé une fellation. Or, la loi belge définit le viol comme tout acte de pénétration commis en l'absence de consentement. Pour Amnesty, il y a donc clairement une mauvaise compréhension de cette notion, surtout chez les jeunes. L'organisation de défense des droits humains appelle dès lors les autorités à renforcer le programme d'Éducation à la vie relationnelle, affective et sexuelle (Evras) dans les écoles du pays afin qu'il soit dispensé à toutes et tous de manière systématique. De son côté, Amnesty va lancer une vaste campagne de sensibilisation sur le consentement, qui ciblera les garçons et les jeunes hommes, lesquels "ne semblent pas toujours prendre la réelle mesure de la gravité de leurs actes et de leurs conséquences". Enfin, l'enquête ne fait pas l'impasse sur les nombreux préjugés masculins sur le viol et les violences sexuelles. Ainsi, 20% des hommes interrogés pensent que les femmes aiment être forcées, et que la violence est sexuellement excitante pour elles. Ils sont par ailleurs 39% à considérer que, lorsqu'il s'agit de porter plainte pour viol, les femmes accusent souvent à tort. Quant à la responsabilité de la victime, elle continue à pâtir de croyances négatives. Ainsi, 48% des hommes et 37% des femmes sondées estiment que des "circonstances atténuantes" liées au comportement de la victime peuvent exister dans certains cas, rendant cette dernière en partie responsable de son agression: 16% pointent les vêtements sexy, 16% également le fait de ne pas avoir dit explicitement "non" et 14% les "comportements provocants".