Le président du Conseil, Charles Michel, réunissait ainsi en milieu de matinée le chef du gouvernement néerlandais Mark Rutte, leader du groupe des pays les plus réticents à délier les cordons de la bourse, et les dirigeants des pays méridionaux les plus touchés par la pandémie et demandeurs de solidarité, Giuseppe Conte pour l'Italie et Pedro Sanchez pour l'Espagne. Ils sont entourés du couple franco-allemand. Angela Merkel et Emmanuel Macron poussent en faveur d'un grand emprunt commun et inédit pour financer cette relance. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, participe aussi à cette rencontre en petit comité. Entamé vendredi peu après 10h00 du matin, le sommet, qui doit décider d'un fonds de relance post-coronavirus de 750 milliards d'euros adossé à un budget pluriannuel de 1.074 milliards - chiffres avancés par M. Michel -, a dû être interrompu peu avant minuit dans une atmosphère tendue. Les Pays-Bas portent haut la revendication des pays les plus orthodoxes sur le plan budgétaire de ne concéder des fonds de solidarité qu'en échange d'une solide garantie de réformes dans les pays aidés. Mark Rutte exige ainsi que l'octroi de ces fonds de relance soit à chaque fois soumis à l'unanimité des États membres, conférant de facto un droit de veto à son pays s'il jugeait insuffisantes les réformes en Italie ou en Espagne, un pouvoir d'ingérence que ces deux pays jugent inadmissible. Avec l'Autriche, la Suède et le Danemark mais aussi la Finlande, les "frugaux" - tels qu'ils s'auto-proclament, là où d'autres pays les qualifient de "radins" - veulent en outre réduire l'enveloppe globale du fonds de relance, ainsi que la part de subsides par rapport aux prêts. Charles Michel a proposé de reprendre la répartition avancée par la Commission: 250 milliards d'euros de prêts et 500 milliards de subsides, mais les frugaux bloquent. Les critères de répartition des fonds font aussi l'objet d'âpres discussions. Une autre pierre d'achoppement au Conseil - et non la moindre - est le refus de pays comme la Pologne et la Hongrie de conditionner l'octroi de fonds européens au respect de l'État de droit, comme le réclament nombre d'État membres inquiets des dérives dans ces deux pays. Le dirigeant hongrois Viktor Orban a même reçu un mandat de son parlement pour s'y opposer. Une nouvelle proposition de négociation est attendue pour débloquer la situation. Vendredi soir, un retour en plénière avait été annoncé pour 11h00 ce matin, mais il pourrait prendre quelque retard. (Belga)

Le président du Conseil, Charles Michel, réunissait ainsi en milieu de matinée le chef du gouvernement néerlandais Mark Rutte, leader du groupe des pays les plus réticents à délier les cordons de la bourse, et les dirigeants des pays méridionaux les plus touchés par la pandémie et demandeurs de solidarité, Giuseppe Conte pour l'Italie et Pedro Sanchez pour l'Espagne. Ils sont entourés du couple franco-allemand. Angela Merkel et Emmanuel Macron poussent en faveur d'un grand emprunt commun et inédit pour financer cette relance. La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, participe aussi à cette rencontre en petit comité. Entamé vendredi peu après 10h00 du matin, le sommet, qui doit décider d'un fonds de relance post-coronavirus de 750 milliards d'euros adossé à un budget pluriannuel de 1.074 milliards - chiffres avancés par M. Michel -, a dû être interrompu peu avant minuit dans une atmosphère tendue. Les Pays-Bas portent haut la revendication des pays les plus orthodoxes sur le plan budgétaire de ne concéder des fonds de solidarité qu'en échange d'une solide garantie de réformes dans les pays aidés. Mark Rutte exige ainsi que l'octroi de ces fonds de relance soit à chaque fois soumis à l'unanimité des États membres, conférant de facto un droit de veto à son pays s'il jugeait insuffisantes les réformes en Italie ou en Espagne, un pouvoir d'ingérence que ces deux pays jugent inadmissible. Avec l'Autriche, la Suède et le Danemark mais aussi la Finlande, les "frugaux" - tels qu'ils s'auto-proclament, là où d'autres pays les qualifient de "radins" - veulent en outre réduire l'enveloppe globale du fonds de relance, ainsi que la part de subsides par rapport aux prêts. Charles Michel a proposé de reprendre la répartition avancée par la Commission: 250 milliards d'euros de prêts et 500 milliards de subsides, mais les frugaux bloquent. Les critères de répartition des fonds font aussi l'objet d'âpres discussions. Une autre pierre d'achoppement au Conseil - et non la moindre - est le refus de pays comme la Pologne et la Hongrie de conditionner l'octroi de fonds européens au respect de l'État de droit, comme le réclament nombre d'État membres inquiets des dérives dans ces deux pays. Le dirigeant hongrois Viktor Orban a même reçu un mandat de son parlement pour s'y opposer. Une nouvelle proposition de négociation est attendue pour débloquer la situation. Vendredi soir, un retour en plénière avait été annoncé pour 11h00 ce matin, mais il pourrait prendre quelque retard. (Belga)