Il succède au général allemand Jürgen Weigt, en fonction depuis le 7 septembre 2017, en vertu d'une rotation biennale prévue entre les quatre principaux pays contributeurs à l'Eurocorps (les "nations cadres" que sont l'Allemagne, la Belgique, l'Espagne, la France et le Luxembourg, dont l'armée est toutefois trop petite que pour ambitionner de prendre le commandement de cette grande unité). Le général Kolodziej assurait jusqu'à très recemment le commandement du quartier général du Corps de réaction rapide-France (QG CRR-FR), un état-major installé à Lille, dans le nord de la France et lui aussi certifié par l'Otan. La cérémonie de passation de commandement entre les généraux allemand et français s'est déroulée dans le parc de l'Orangerie à Strasbourg (nord-est de la France) en présence des chefs d'état-major (Chod) des principaux pays contributeurs. Ce changement de commandement à l'Eurocorps entraîne traditionnellement un jeu de chaises musicales touchant l'ensemble de la direction de l'état-major du corps. L'actuel "Deputy Commander" (DCOM, "numéro deux") de l'Eurocorps, le général-major belge Pierre Gérard, rentrera ainsi dès vendredi en Belgique pour devenir commandant en second de la composante Terre, a expliqué un spécialiste du dossier à l'agence Belga. Son successeur à Strasbourg sera le général-major ("deux étoiles") Xavier Watteeuw, actuellement représentant militaire permanent de la Belgique auprès des Comités militaires de l'Otan et de l'Union européenne. Il deviendra chef d'état-major (COS, soit "numéro trois") de l'Eurocorps. Un lieutenant-général ("trois étoiles") belge, qui reste à désigner, prendra la tête du corps à la mi-2021, dont il deviendra le quatrième commandant belge, après Léo Van Den Bosch (1997-1999), Charles-Henri Delcour (2005-2007) et Guy Buchsenschmidt (2013-2015). Mis sur pied en 1993, l'Eurocorps, conçu à la fin de la Guerre froide, est l'état-major multinational de planification et de commandement qui regroupe les cinq nations cadres mais aussi cinq nations "associées" (Grèce, Italie, Pologne, Roumanie et Turquie). Il est en mesure d'intervenir au profit de l'Union européenne, de l'Otan ou pour des opérations décidées par les nations cadres. Le corps peut théoriquement rassembler jusqu'à 60.000 hommes. Son état-major, fort de près de 900 personnes, est installé à Strasbourg, ville-symbole de la réconciliation franco-allemande. Engagé dans le passé en Bosnie, au Kosovo et en Afghanistan sous la bannière de l'Otan et plus récemment par l'UE pour des missions en Afrique (Mali et Centrafrique), l'Eurocorps assurera en 2020 le commandement de la composante terrestre de la force de réaction rapide de l'Alliance atlantique, la "NATO Response Force" (NRF), capable à la fois de défendre le territoire des alliés et d'intervenir partout dans le monde. (Belga)