"Je cherchais des photos d'archives sur un site d'enchères allemand et il y avait une photo d'un document avec une signature du colonel Scharoo, qui a défendu la ville en mai 1940", a expliqué l'historien Gerard Groeneveld, qui a retrouvé le document : "j'en suis presque tombé de ma chaise". Le document en question, écrit à la main, avait été aperçu pour la dernière fois par le maire de Rotterdam au moment de la capitulation et les historiens l'estimaient perdu à jamais. "Il était dans un dossier au dos d'un journal de guerre tenu par les Allemands", explique le chercheur, qui a écrit un livre sur le sujet. Ce journal est remis aux supérieurs hiérarchiques en Allemagne et disparaît, avant de refaire surface sur le site. Mai 1940 : l'armée allemande, qui a envahi les Pays-Bas, demande la capitulation de cette ville portuaire. Le général Schmidt pose alors un ultimatum, énoncé dans des lettres tapées à la machine et envoyées aux autorités néerlandaises. Le colonel Scharroo répond aux Allemands dans une lettre écrite à la main - le document retrouvé par M. Groeneveld. Il ne peut pas accepter cet ultimatum, dit-il, car la lettre n'est pas signée. Le général Schmidt énonce un nouvel ultimatum, qu'il écrit au bas de la missive, et ordonne le report du bombardement. Mais le message ne parvient pas aux pilotes. Une "mer de feu" envahit alors la ville. De nombreux quartiers sont détruits, entre 800 et 900 personnes perdent la vie, près de 80.000 se retrouvent sans abris, des dizaines de milliers prennent la fuite. Les incendies les plus importants ne seront maîtrisés que deux jours plus tard. Rotterdam garde encore aujourd'hui les cicatrices de cette "guerre éclair" : les maisons de maître, traditionnelles des autres villes du pays, y ont été remplacées par les bâtiments érigés après-guerre. M. Groeneveld, qui a réfusé d'indiquer combien il avait payé pour le document, espère désormais pouvoir le revendre à un musée. (Belga)