L'enquête du parquet fédéral a été ouverte "sur la base d'informations importantes de la Sûreté de l'État", précise-t-il. Amir S., né le 26 avril 1980, et son épouse Nasimeh N., née le 20 septembre 1984, sont suspectés d'avoir voulu commettre un attentat à la bombe samedi à Villepinte, au nord-ouest de Paris. Ils visaient une conférence organisée par le parti d'opposition des Moudjahidines du Peuple Iranien (MEK) où 25.000 personnes étaient présentes.

Deux personnalités proches du président américain Donald Trump, l'ancien président du Congrès Newt Gingrich et l'ancien maire de New York Rudy Giuliani, ont participé à cette réunion.

Le couple a été intercepté samedi à bord de son véhicule Mercedes par les unités spéciales, à Woluwe-Saint-Pierre. Lors de la fouille de ce véhicule, environ 500 grammes de TATP et un mécanisme de mise à feu ont été découverts dans une petite trousse de toilette. Lundi, il a été inculpé de "tentative d'attentat terroriste et de préparation d'une infraction terroriste".

Trois suspects ont également été placés en garde à vue en France, a-t-on appris de source judiciaire.

Un diplomate iranien basé en Autriche, contact du couple, a été interpellé en Allemagne et une autre de leurs relations a été arrêtée en France, a annoncé le parquet.

Des perquisitions ont par ailleurs été menées dans cinq localités en Belgique. Aucune information n'a été communiquée sur leurs résultats.

- Collaboration européenne -

"L'attentat terroriste a pu être déjoué grâce à une collaboration entre la sûreté de l'Etat belge et les autorités judiciaires françaises et allemandes", a affirmé le parquet.

"Une fois de plus la bonne collaboration entre pays partenaires européens porte ses fruits", a souligné le chef du gouvernement belge Charles Michel dans un message sur son compte twitter.

L'annonce est tombée le jour de l'arrivée en Suisse du président iranien Hassan Rohani pour un déplacement jugé d'une "importance capitale" à Téhéran pour la coopération entre la République islamique et l'Europe après le retrait américain de l'accord sur le nucléaire iranien.

Le président Rohani doit également se rendre en Autriche, pays qui assume la présidence semestrielle des réunions ministérielles de l'Union européenne depuis le 1er juillet.

Amir S., 38 ans, et son épouse Nasimeh N., 33 ans, ont été interceptés samedi à bord de leur véhicule Mercedes dans lequel les policiers ont découvert "environ 500 grammes de TATP" (Trirpéroxyde de triacétone), explosif utilisé dans les attentats commis à Paris le 13 novembre 2015 et à Bruxelles en mars 2016 notamment.

S'y trouvait également "un mécanisme de mise à feu dissimulé dans une trousse de toilette", précise le communiqué. Les services de déminage ont été appelés pour faire sauter l'explosif de manière contrôlée.

Leur cible était une conférence organisée par les Moudjahidine du Peuple Iranien, un parti d'opposition iranien fondé en 1965 et interdit par les autorités iraniennes depuis 1981, a précisé le parquet.

Le ministre Belge de l'Intérieur Jan Jambon a indiqué sur Twitter qu'il n'a à aucun moment été question de projets d'attentats en Belgique. L'OCAM, l'Organe de coordination pour l'analyse de la menace en Belgique, a maintenu inchangé le niveau de la menace, a-t-il précisé.

A ce stade de l'enquête, il n'y a eu à aucun moment une menace directe contre la Belgique, souligne le parquet fédéral.

Les opposants iraniens du CNRI accusent Téhéran d'avoir fomenté l'attentat

Le Conseil national de la résistance iranienne (CNRI), entité proche des Moudjahidine du peuple, a accusé lundi le régime de Téhéran d'avoir fomenté le projet d'attentat déjoué contre leur rassemblement d'opposants samedi à Villepinte, près de Paris.

"Le complot de la dictature terroriste au pouvoir en Iran pour commettre un attentat (...) contre le grand rassemblement de la Résistance iranienne à Villepinte a été déjoué", selon un communiqué transmis à l'AFP, qui appelle également à la "fermeture" des représentations diplomatiques iraniennes en Europe, "centres d'espionnage" et "foyers pour des préparatifs terroristes". "La résistance iranienne a alerté à maintes reprises sur les préparatifs terroristes effectués dans les divers pays européens, par les diplomates du régime, des agents du Vevak (ministère des renseignements du régime des mollahs) et de la force Qods" des Gardiens de la révolution, selon le communiqué du CNRI, entité chapeautant les Moudjahidine du peuple.