En son temps, le célèbre physicien était pourtant loin d'imaginer qu'un siècle plus tard, on pourrait les mesurer. Une prouesse qui prend tout son sens lorsque l'on sait que les objets qui leur donnent naissance peuvent se situer à pas moins de 1,3 milliard d'années-lumière...
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En son temps, le célèbre physicien était pourtant loin d'imaginer qu'un siècle plus tard, on pourrait les mesurer. Une prouesse qui prend tout son sens lorsque l'on sait que les objets qui leur donnent naissance peuvent se situer à pas moins de 1,3 milliard d'années-lumière... Comme l'explique Christophe Colette, chargé de recherches à l'ULiège et à l'ULB, " lorsque des trous noirs ou des étoiles à neutrons entrent en collision et fusionnent, ils génèrent des déformations de l'espace qui se propagent dans toutes les directions. Ces ondes gravitationnelles fournissent des informations très précises sur des objets jusqu'alors insaisissables ". L'ambition de la recherche sur les ondes gravitationnelles ? Permettre de mieux comprendre des événements qui ont eu lieu il y a plusieurs milliards d'années, comme le Big Bang et, par extension, le futur de l'univers. Des observations aussi délicates que compliquées, auxquelles devra contribuer le futur télescope européen Einstein, dont le coût total avoisinerait les deux milliards d'euros. Un instrument de mesure particulier qui prendra la forme d'un réseau souterrain de galeries destinées à faire circuler des lasers entre des miroirs équidistants les uns des autres de 10 kilomètres et isolés du reste du monde, à 300 mètres de profondeur. Un projet gigantesque pour l'accueil duquel Liège, avec ses partenaires de l'Euregio (coopération transfrontalière réunissant les provinces de Liège et de Limbourg, la Communauté germanophone, la partie sud du Limbourg néerlandais et les arrondissements allemands d'Aix-La-Chapelle, Düren, Euskirchen et Heinsberg), s'est portée candidate. " Il ne s'agit pas uniquement de bâtir un détecteur, il faut également fabriquer le centre de recherche qui l'accompagne. Avec énormément de retombées économiques ", relève Christophe Colette. Favorite, la candidature est aux prises avec celle de la Sardaigne. " Pour Liège, pour les trois pays impliqués et pour toute l'Europe, ce serait une aubaine ", déclare Christophe Colette. Et pour mettre toutes les chances de leur côté, la Belgique, les Pays-Bas et l'Allemagne n'ont pas hésité à s'impliquer en amont, notamment financièrement. Deux projets Interreg (échanges économiques entre régions frontalières) de 15 millions ont été débloqués pour des études préliminaires à l'éventuelle installation du télescope Einstein dans la région, dont un sur l'étude de l'adéquation des sous-sols, à l'initiative de l'ULiège. " J'ai beaucoup poussé pour que le projet Interreg soit coordonné par l'université, car il y a à Liège une très longue histoire dans la construction des instruments spatiaux. Nous bénéficions d'un écosystème et le télescope devrait permettre de positionner de manière extrêmement forte certaines entreprises liégeoises dans le marché des ondes gravitationnelles. " Le rêve du chercheur ? Installer le miroir belge du dispositif sur la frontière linguistique, dans une volonté d'inclusion. Par Kathleen Wuyard et Clément Jadot.