"Je fais un appel aux dirigeants pour dialoguer directement avec moi", a déclaré le chef de l'Etat dans une brève allocution télévisée, alors que de nouveaux affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont éclaté vendredi dans plusieurs endroits de la capitale, quadrillée par la police et l'armée. "Il est indispensable de faire baisser la violence (...) Le pays doit savoir que nous avons la volonté de dialoguer", a ajouté le président. La veille, les responsables indigènes, fer de lance de la contestation sociale, avaient appelé à "radicaliser" les actions de protestation, après avoir rejeté le dialogue soutenu par l'ONU et l'Eglise catholique. Le 1er octobre, le président Lenin Moreno, un libéral élu sous l'étiquette socialiste, avait annoncé qu'il cessait de subventionner les carburants les moins chers et les plus utilisés dans le cadre d'un accord conclu avec le Fonds monétaire international (FMI), qui prévoit une aide de 4,2 milliards de dollars en échange de réformes. Vendredi, aux abord du Parlement où ont été déployés des véhicules anti-émeutes, des hommes cagoulés, s'abritant derrière des planches, ont lancé des pierres et fusées artisanales en direction de la police aux cris de "Assassins". La police a répliqué avec du gaz lacrymogène, ont constaté des journalistes de l'AFP. Cinq civils, dont un dirigeant indigène, ont trouvé la mort depuis le début des manifestations il y a dix jours, et près de 2.000 personnes ont été blessées, selon un bilan du bureau du Défenseur du peuple, entité publique de défense des droits. Des blessés ont été évacués par les manifestants sur des civières de fortune, ont constaté des photographes de l'AFP. (Belga)