"Aucun dialogue avec un gouvernement assassin", a lancé la Confédération des nationalités indigènes de l'Equateur (Conaie) dans un communiqué signé par son président Jaime Vargas. Alors que le chef de l'Etat se montrait optimiste et misait sur une avancée de négociations, la tension est montée d'un cran lorsque les manifestants indigènes ont annoncé jeudi matin retenir dix policiers, qui ont finalement été libérés dans la nuit. Ces membres des forces de l'ordre avaient été présentés jeudi en public lors d'un rassemblement des manifestants à Quito. D'après la presse locale, 27 journalistes sont également gardés par les insurgés. On ne sait pas s'ils ont été libérés. Par ailleurs, le bilan de la mobilisation qui dure depuis une semaine s'est alourdi: cinq civils, dont un dirigeant indigène, ont trouvé la mort durant les manifestations, ont annoncé jeudi les services du Défenseur du peuple, un organisme d'Etat. Ce dernier a également dénombré 554 blessés et fait état de 929 arrestations. "Nous appelons le gouvernement à mettre fin à la violence et à garantir le droit de manifester de manière pacifique", a ajouté cette institution dans un communiqué. Le gouvernement a de son côté indiqué que 133 policiers avaient été blessés. Les circonstances des quatre nouveaux décès, survenus à Quito, n'ont pas été précisées. Le précédent bilan faisait état d'un mort, un homme écrasé dimanche lors d'une manifestation dans le sud du pays. Pour l'heure, le chef de l'Etat, qui avait assuré mercredi que la crise allait "se résoudre très vite", n'avait pas encore réagi. Confronté à la pire crise de son mandat, Lenin Moreno a transféré lundi le siège du gouvernement à Guayaquil (sud-ouest). (Belga)