"Le dialogue qu'il promeut manque de crédibilité", a affirmé la Confédération des nationalités indigènes de l'Equateur (Conaie) dans un communiqué, à l'issue d'une nouvelle journée de manifestations violentes dans les rues de Quito. La Conaie a ajouté qu'elle ne négocierait avec le gouvernement qu'une fois "que sera abrogé" le décret supprimant les subventions au carburant. Plus tôt, le chef de l'Etat avait lancé, dans une allocution télévisée, un appel aux dirigeants de la Conaie à "dialoguer directement" afin de "trouver des solutions". "Il est indispensable de faire baisser la violence (...) Le pays doit savoir que nous avons la volonté de dialoguer", avait ajouté le président. Dans son communiqué, l'organisation indigène a répondu que "le dialogue que le gouvernement national dit promouvoir repose (...) sur l'un des pires massacres de l'histoire de l'Equateur". Les affrontements entre manifestants et forces de l'ordre ont fait en plus d'une semaine cinq morts et plus de 2.000 blessés, selon le bureau du Défenseur du peuple, entité publique de défense des droits. Vendredi, de nouveaux heurts ont éclaté dans plusieurs endroits de la capitale, quadrillée par la police et l'armée. Jeudi, la Conaie avait mis fin aux contacts noués avec la gouvernement, sous la médiation de l'ONU et de l'Eglise catholique, et appelé à "radicaliser" les actions de protestation. (Belga)