"Trois civils ont été tués ce matin dans le Shangil Tobai, dans le Nord Darfour, et un autre a été blessé", a annoncé le Comité central des médecins soudanais, dans un communiqué. De tels affrontements meurtriers sur la question de l'accès aux pâturages, l'une des causes de la guerre qui a éclaté en 2003, sont devenus relativement rares au Darfour. Ce dernier incident en date survient au premier jour de la fête musulmane de l'Aïd al-Adha, la première au Soudan en 30 ans sans le président Omar el-Béchir, destitué le 11 avril par l'armée sous la pression de la rue. A l'époque du conflit au Darfour, le gouvernement avait recruté des miliciens au sein des tribus arabes, des éleveurs, pour aider à mater les rebelles issus des tribus non arabes qui accusaient le régime de marginaliser cette région. Omar el-Béchir est recherché par la justice internationale pour crimes contre l'humanité et génocide pendant le conflit au Darfour entre 2003 et 2008. Si les armes se sont tues, les tensions autour de la terre et de l'accès aux pâturages persistent, dénonce le comité. "L'ancien régime a alimenté le conflit et contribué à aggraver la crise en n'aidant pas à trouver de solutions durables et en ne demandant pas de comptes aux auteurs" des crimes commis, écrit-il. (Belga)