Il est sept heures du matin et Theo Francken entame ses premières interviews post-électorales. Ses yeux trahissent que la nuit a été courte. Pas comme en 2012, quand il est devenu bourgmestre de Lubbeek et qu'il a fêté sa victoire jusqu'à six heures du matin. Car, après la révélation des résultats des élections, il a conclu un nouvel accord administratif pour Lubbeek et a entamé des discussions pour un nouveau gouvernement provincial dans le Brabant flamand. Il y a de fortes chances que ce soit une coalition N-VA-Groen, et ce n'est guère une combinaison évidente.
...

Il est sept heures du matin et Theo Francken entame ses premières interviews post-électorales. Ses yeux trahissent que la nuit a été courte. Pas comme en 2012, quand il est devenu bourgmestre de Lubbeek et qu'il a fêté sa victoire jusqu'à six heures du matin. Car, après la révélation des résultats des élections, il a conclu un nouvel accord administratif pour Lubbeek et a entamé des discussions pour un nouveau gouvernement provincial dans le Brabant flamand. Il y a de fortes chances que ce soit une coalition N-VA-Groen, et ce n'est guère une combinaison évidente.Cependant, il n'y a pas de meilleure consolation pour un politicien qu'un nombre élevé de votes préférentiels et de bons résultats. À Lubbeek, Theo Francken obtient 2435 voix (deux fois plus qu'en 2006) et la N-VA est passée de 25,7 à 34,5%. Francken n'en a pas honte : il a fait campagne intensément et a fourni de gros efforts pour gagner ses voix. Même à Lubbeek, les élections ne sont pas un long fleuve tranquille.Theo Francken ne cache pas sa fierté : "Lubbeek était traditionnellement une commune bleu foncé. Pendant près de vingt-cinq ans, les libéraux avaient la majorité absolue. Finalement, nous avons pu reprendre le pouvoir après que les libéraux se soient divisés. Que ce soit une leçon pour nous aussi : une fois qu'il y a des disputes, la situation peut rapidement basculer (...) Jamais personne n'a fait mieux que moi", déclare-t-il à Knack.Pour le Secrétaire d'État, ces élections communales étaient une répétition générale pour les élections fédérales. "En même temps, nous devons tirer des enseignements de nos erreurs. Les élections ne se sont pas déroulées de la même façon dans toutes les villes et les communes pour notre parti. Mais surtout, nous sommes restés forts dans la province d'Anvers. Nulle part, il y a autant de gens, et de sièges à distribuer qu'ici. Et qui aurait osé prédire, il y a six ans, que Bart De Wever remporterait à nouveau 23 sièges dans la ville d'Anvers ? Aucun sondage, en tout cas. Il ne va pas de soi que les ténors nationaux obtiennent également d'excellents résultats à l'échelle locale. Je ne vais pas citer de noms, mais tous les ministres ou secrétaires d'État du gouvernement fédéral n'ont pas obtenu d'aussi bons scores que les N-VA", raconte-t-il.Francken admet volontiers que les rapports de force politique se sont déplacés vers la droite. Dans de nombreuses communes, la somme des résultats de la N-VA et du VB donne des chiffres hallucinants. "À Lubbeek, la N-VA a obtenu 37,4% pour les élections provinciales, et le VB 6,1%. Ça fait un total de 43,5%. À certains endroits, l'Open VLD est plutôt citadin et progressif, mais il y a beaucoup de communes où les libéraux sont encore très bleu foncé. Additionnez-les aussi à la droite."Francken revient également sur ce qu'il appelle "la crise transmigratoire". "Depuis 2014, nous travaillons très dur et ce n'est pas un hasard si Fedasil (Agence fédérale pour l'accueil des demandeurs d'asile, NDLR) a été élue Service public de l'année en 2015. J'en suis toujours fier, parce que nos employés ont fait un travail incroyable dans des circonstances extrêmement difficiles. Ma politique a également l'approbation de la population, ce que j'ai ressenti lors de mes nombreuses visites sur des marchés et à domicile. Le citoyen flamand soutient ma politique et a confiance en notre approche. Jan Jambon et moi avons déjà prouvé par le passé que nous sommes capables de gérer une crise", raconte-t-il."Nous sommes confrontés à un problème à peine soluble. Et pourtant, on ne peut le laisser suivre son cours, parce qu'alors la Belgique deviendrait très vite un pôle d'attraction pour transmigrants. Je n'ai d'autre choix que d'intervenir. C'est pourquoi à la Chambre je dis toujours à mes détracteurs : 'Donnez-moi une alternative'. Le silence qui suit est assourdissant", ajoute-t-il.Interrogé à propos du groupuscule identitaire 'Schild en Vrienden' qui compte plusieurs jeunes N-VA parmi ses membres, Theo Francken affirme qu'il n'était absolument pas au courant d'un tel degré de racisme, même s'il estime la polémique autour du sujet excessive. "Évidemment, nous devons prendre garde à qui nous engageons à la N-VA. Chez nous, il n'y a pas de place pour les racistes", conclut-il.