Là où un parti ne voit pas d'autre solution que de tirer sur une vedette publique tombée en disgrâce, un autre doit s'efforcer de garder un futur talent dans les coulisses le plus longtemps possible. Mais la fièvre électorale progresse partout, déjà maintenant.
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Là où un parti ne voit pas d'autre solution que de tirer sur une vedette publique tombée en disgrâce, un autre doit s'efforcer de garder un futur talent dans les coulisses le plus longtemps possible. Mais la fièvre électorale progresse partout, déjà maintenant. "Jeune talent"En 2014, quand les gouvernements de Geert Bourgeois et de Charles Michel se sont lancés, on espérait encore une longue période de "véritable politique" entre 2015 et 2017, sans fièvre électorale, car les prochaines élections (communales) ne sont prévues qu'en 2018. Malheureusement, la politique belge fait comme si les élections étaient pour bientôt. La position de Turtelboom était intenable parce que les stratèges libéraux voulaient mettre Philippe De Backer en avant.À Louvain et à Gand, le sp.a avance deux dauphins, Mohamed Ridouani et Tom Balthazar, pour remplacer les bourgmestres icônes du socialisme flamand Louis Tobback et Daniël Termont qui pourraient se retirer en 2018. Et en mai 2015, Wouter Beke a déjà profilé son CD&V comme "partenaire des quartiers", en reconnaissant que cette opération "n'est pas isolée des élections communales de 2018". La campagne nationale du parti a également été écrite en vue des élections communales : le CD&V se profile au niveau national et local comme le parti qui ne monte pas les gens les uns contre les autres, mais les unit. Louvain La N-VA fait ce qu'elle a toujours fait: elle garde ses atouts le plus longtemps possible. Bart De Wever a attendu 2012 pour annoncer qu'il était candidat-bourgmestre alors que tout Anvers le savait depuis des mois. Aujourd'hui non plus, le parti ne lâche rien. On ignore qui sera tête de liste N-VA dans les villes clés comme Bruges, Gand ou Louvain. À Louvain, on parle de Theo Francken, le bourgmestre de Lubeek. Cependant, la N-VA caresse de plus grandes ambitions pour Francken. Theo Francken est en train de faire ce que Maggie De Block et John Crombez ont fait avant lui : passer de secrétaire d'État à un politique de premier rang. À Louvain, et dans son parti. Il est presque entendu qu'après Bart De Wever, c'est au tour de Theo Francken. Comme prédécesseur de Bart De Wever, Geert Bourgeois n'est pas apte comme successeur. Âgé de 56 ans, Jan Jambon non plus n'incarne pas de pari sur l'avenir. Ben Weyts aurait pu devenir président en 2014, mais il a refusé. Liesbeth Homans ? Passons. Para en costume C'est ainsi que la balle roule dans le camp de Francken. Avec son look de "para en costume", il a l'air rude et de droite, et sur les réseaux sociaux, il se profile comme le tough guy. En tant que secrétaire d'État à l'Asile et à la Migration, Francken mène pourtant une politique de droite efficace, même un peu plus clémente que son prédécesseur De Block. Et pour un membre de la N-VA, les relations de Francken avec le secteur des réfugiés et la société civile sont étonnamment bonnes. Il plaît aussi aux électeurs du centre. Si Francken choisit Louvain, il pourrait conquérir l'écharpe mayorale portée par Louis Tobback depuis 25 ans. S'il réussit, Francken fera de la N-VA "le parti qui libère la Flandre des socialistes". Ce genre de victoires à la valeur symbolique élevée est le capital rêvé pour tout nouveau président, de n'importe quel parti.