C'est le leitmotiv de ce gouvernement fédéral. Son ciment. Charles Michel et ses alliés flamands veulent réformer le pays au pas de charge. Le préparer à ces temps modernes marqués par le vieillissement de la population et le travail flexible. Aussi, la suédoise prolonge la réforme des pensions et initie une réforme du temps de travail. Avec une ligne directrice: il faut donner la possibilité à ceux qui le souhaitent de travailler davantage et plus longtemps. Deux chiffres symboliques sont ainsi devenus des chiffons rouges agités devant les syndicats: 67 ans (le nouvel âge de départ à la pension à partir de 2030) et 45 heures (la possibilité offerte d'une semaine de travail étendue).
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C'est le leitmotiv de ce gouvernement fédéral. Son ciment. Charles Michel et ses alliés flamands veulent réformer le pays au pas de charge. Le préparer à ces temps modernes marqués par le vieillissement de la population et le travail flexible. Aussi, la suédoise prolonge la réforme des pensions et initie une réforme du temps de travail. Avec une ligne directrice: il faut donner la possibilité à ceux qui le souhaitent de travailler davantage et plus longtemps. Deux chiffres symboliques sont ainsi devenus des chiffons rouges agités devant les syndicats: 67 ans (le nouvel âge de départ à la pension à partir de 2030) et 45 heures (la possibilité offerte d'une semaine de travail étendue).Contrairement à son leitmotiv, le gouvernement Michel a décidé de passer en force. La concertation sociale, cela semble se confirmer, n'est que factice: on ne l'utilise que quand cela est possible, certainement pas pour décider des grandes orientations des réformes. Même le ministre de l'Emploi, Kris Peeters (CD&C), pourtant soucieux des relations de son parti avec l'ACV flamande, passe outre ses promesses.Cela étant... Nous sommes dans une ère de caricatures. Tant l'opposition socialiste que les syndicats, en pleine campagne pour les élections sociales, en usent et en abusent. Non, la réforme à 67 ans n'est pas applicable ici et maintenant. Non, ce départ retardé ne concernera pas tout le monde, les exceptions seront très nombreuses, notamment pour les métiers pénibles. Non, la semaine de travail ne sera pas généralisée à 45 heures, ici et maintenant, il s'agit en réalité d'une réorganisation sur base annuelle, la règle de base reste les 38 heures. Qui plus est, il est difficile de nier la nécessité de réformes en cette époque de globalisation accélérée, qui met notre modèle social sous pression. On peut, par contre, regretter la façon dogmatique dont ce gouvernement, convaincu de la justesse de sa vision libérale, avance. N'eut-il pas été possible, par exemple, de réfléchir différemment et de façon concertée la réorganisation du temps de travail sur l'ensemble de la carrière? Pour le redistribuer et permettre à chacun un épanouissement loin de cette considération uniquement productiviste? Ces réformes qui engagent l'avenir ne nécessitaient pas une assise sociétale plus large?Mais non! Tout le monde se braque avec pour effet des déclarations matamoresques et un nouveau chaos annoncé. L'opposition dénonce un "retour au Moyen Âge". Les syndicats promettent une "guérilla" avec une manifestation nationale et une grève générale - c'est vrai, nous n'avons besoin que de cela après la menace terroriste, tiens... Le gouvernement estime que les syndicalistes en question "feraient bien de voyager pour voir que le monde change" ou alors "qu'ils devraient se présenter aux élections s'ils veulent faire de la politique".Nous sommes à une époque où il y a un urgent besoin de cohésion nationale, tant en matière de sécurité que de redressement économique, et ce que l'on nous offre, c'est du dogmatisme et de la confrontation stérile.Messieurs dames, nous ne sommes en effet plus au Moyen-Âge, mais dans une société civilisée où l'on devrait pouvoir garder raison et préparer l'avenir avec intelligence. Les enjeux sont nombreux, complexes, les périls sont réels et l'on a besoin de tout sauf de scènes de confrontations quasi armées auxquelles on a assisté ces derniers jours à Paris. Le gouvernement ne devrait, dès lors, pas considérer les citoyens comme ses serfs serviles. Et le peuple ne devrait pas monter aux barricades sans contre-propositions sérieuses ni agenda clair.Pourtant, c'est comme si la nature de ceux qui nous dirigent, à tous les étages, était de bomber le torse. Pour mieux masquer leur impuissance.