"Aussi longtemps qu'il existera des armes de destruction massive, principalement des armes nucléaires, le danger sera colossal", a estimé celui qui a dirigé l'URSS de 1985 à son éclatement en 1991. "Toutes les nations devraient déclarer que les armes nucléaires doivent être détruites", a-t-il martelé, arguant que cela permettrait de "nous sauver, nous et notre planète". Pour l'ancien président soviétique, aujourd'hui âgé de 88 ans, les relations actuelles entre la Russie et l'Occident n'en sont plus au stade de la Guerre froide, mais il y a "tout de même une guerre", qu'il qualifie de "frisquette". "Dans plusieurs zones, il y a des escarmouches, il y a des tirs. Des avions et des navires sont envoyés ici ou là, partout", a rappelé M. Gorbatchev. "Nous ne voulons pas de ce genre de situation". Après six mois d'un dialogue de sourds, la Russie et les États-Unis avaient pris acte début août de la fin du traité sur les armes nucléaires de portée intermédiaire (INF), qui abolit l'usage - par ces deux puissances seules - des missiles terrestres d'une portée de 500 à 5.500 km. Signé à la fin de la Guerre froide en 1987, sous la présidence de M. Gorbatchev, ce texte avait mis un terme à la crise des euromissiles déclenchée par le déploiement en Europe des SS-20 soviétiques à têtes nucléaires. (Belga)