Il n'y a pas d'éléments qui permettent d'établir que M.J. avait connaissance du trafic de drogue, selon la défense. "Parce qu'il y a eu des contacts téléphoniques, remontant à janvier et février 2018, entre M.J. et le conducteur du camion dans lequel on a trouvé du cannabis le 24 septembre 2018, donc huit mois plus tard, cela veut dire que M.J. est impliqué dans le trafic de drogue?", a interrogé Me Mayence, offusqué par le manque d'éléments avancés par le procureur fédéral, qui réclame une peine de 10 ans de prison à l'encontre de son client. "On jette des années de prison comme ça et ça n'a l'air de choquer personne", a-t-il exprimé. Me Mayence et Me Gallant ont également déploré que le conducteur du camion en question ne comparaît pas au procès, parce qu'il a été renvoyé devant la justice française, et qu'il n'est donc pas possible pour la défense de l'interroger. Les deux pénalistes ont aussi parlé d'un "imbroglio incroyable", le procureur s'étant basé sur des éléments d'un autre dossier dans lequel M.J. est prévenu, relatif à des faits de blanchiment, jugés par une autre chambre du tribunal. Ils ont encore dénoncé le fait que certains devoirs d'enquête complémentaires, favorables à M.J., n'ont pas été joints au dossier. Le procureur fédéral a requis, vendredi passé, une peine de 10 ans de prison à l'encontre de M.J., qu'il suspecte d'avoir mis en place des structures commerciales à l'appui des trafiquants de drogue. M.J. n'est pas inconnu de la justice. Il a été condamné à trois ans de prison avec sursis par la cour d'appel de Bruxelles dans le "dossier cachalot", relatif à l'une des plus importantes fraudes sociales que la Belgique ait connue. Quatorze prévenus sont poursuivis pour avoir formé une organisation criminelle qui a acheminé des stupéfiants du Maroc vers l'Espagne puis la Belgique, sous couvert, entre autres, d'une entreprise de fruits et légumes fictive, dont le siège était déclaré à Saint-Josse-ten-Noode. La première saisie de drogue sur le sol belge, dans le cadre de cette enquête, avait eu lieu en 2018. Au total, de la drogue pour un montant estimé à huit millions d'euros a été saisie. Selon l'enquête, l'organisation était bien rodée, avec l'utilisation de camions et de hangars en Belgique et en Espagne pour transporter et stocker la marchandise, avec également l'utilisation de "cryptophones", et avec le recours à des sociétés commerciales fictives comme façade au trafic, à la tête desquelles se trouvaient des hommes de paille. Plusieurs des prévenus doivent aussi répondre de prise en otage avec torture, commise dans une villa de Marbella, sur la Costa del Sol, en Espagne, la nuit du 1er au 2 avril 2019. Selon le parquet fédéral, le prévenu R.M. a fait l'objet d'un règlement de comptes par certains autres prévenus qui le suspectaient d'avoir subtilisé 80 kilos de stupéfiants. Après avoir évoqué son calvaire à la police espagnole, R.M. dément aujourd'hui, parlant d'une "simple" bagarre. Le jugement sera prononcé le 14 janvier prochain à 9h00. (Belga)

Il n'y a pas d'éléments qui permettent d'établir que M.J. avait connaissance du trafic de drogue, selon la défense. "Parce qu'il y a eu des contacts téléphoniques, remontant à janvier et février 2018, entre M.J. et le conducteur du camion dans lequel on a trouvé du cannabis le 24 septembre 2018, donc huit mois plus tard, cela veut dire que M.J. est impliqué dans le trafic de drogue?", a interrogé Me Mayence, offusqué par le manque d'éléments avancés par le procureur fédéral, qui réclame une peine de 10 ans de prison à l'encontre de son client. "On jette des années de prison comme ça et ça n'a l'air de choquer personne", a-t-il exprimé. Me Mayence et Me Gallant ont également déploré que le conducteur du camion en question ne comparaît pas au procès, parce qu'il a été renvoyé devant la justice française, et qu'il n'est donc pas possible pour la défense de l'interroger. Les deux pénalistes ont aussi parlé d'un "imbroglio incroyable", le procureur s'étant basé sur des éléments d'un autre dossier dans lequel M.J. est prévenu, relatif à des faits de blanchiment, jugés par une autre chambre du tribunal. Ils ont encore dénoncé le fait que certains devoirs d'enquête complémentaires, favorables à M.J., n'ont pas été joints au dossier. Le procureur fédéral a requis, vendredi passé, une peine de 10 ans de prison à l'encontre de M.J., qu'il suspecte d'avoir mis en place des structures commerciales à l'appui des trafiquants de drogue. M.J. n'est pas inconnu de la justice. Il a été condamné à trois ans de prison avec sursis par la cour d'appel de Bruxelles dans le "dossier cachalot", relatif à l'une des plus importantes fraudes sociales que la Belgique ait connue. Quatorze prévenus sont poursuivis pour avoir formé une organisation criminelle qui a acheminé des stupéfiants du Maroc vers l'Espagne puis la Belgique, sous couvert, entre autres, d'une entreprise de fruits et légumes fictive, dont le siège était déclaré à Saint-Josse-ten-Noode. La première saisie de drogue sur le sol belge, dans le cadre de cette enquête, avait eu lieu en 2018. Au total, de la drogue pour un montant estimé à huit millions d'euros a été saisie. Selon l'enquête, l'organisation était bien rodée, avec l'utilisation de camions et de hangars en Belgique et en Espagne pour transporter et stocker la marchandise, avec également l'utilisation de "cryptophones", et avec le recours à des sociétés commerciales fictives comme façade au trafic, à la tête desquelles se trouvaient des hommes de paille. Plusieurs des prévenus doivent aussi répondre de prise en otage avec torture, commise dans une villa de Marbella, sur la Costa del Sol, en Espagne, la nuit du 1er au 2 avril 2019. Selon le parquet fédéral, le prévenu R.M. a fait l'objet d'un règlement de comptes par certains autres prévenus qui le suspectaient d'avoir subtilisé 80 kilos de stupéfiants. Après avoir évoqué son calvaire à la police espagnole, R.M. dément aujourd'hui, parlant d'une "simple" bagarre. Le jugement sera prononcé le 14 janvier prochain à 9h00. (Belga)