Les partis du gouvernement flamand CD&V, Open VLD et N-VA se querellent au sujet de la taxe sur les plus-values. Côté francophone, le silence semble assourdissant. N'en parle-t-on pas en Wallonie ?
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Les partis du gouvernement flamand CD&V, Open VLD et N-VA se querellent au sujet de la taxe sur les plus-values. Côté francophone, le silence semble assourdissant. N'en parle-t-on pas en Wallonie ? Jean Faniel: Détrompez-vous. La réforme fiscale est certainement un thème important, mais elle est vécue différemment qu'en Flandre où les trois partis du gouvernement (Open VLD, N-VA et CD&V) luttent pour laisser leur empreinte sur la taxe. Le paysage francophone est très différent. Il n'y a qu'un seul parti au gouvernement, qui est aussi le seul parti de droite. Et que pense le MR d'une taxe sur les plus-values ? Lors des conflits entre les partenaires de coalition flamands, le premier ministre Charles Michel (MR) est resté dans le vague. Il ne voulait surtout pas jeter de l'huile sur le feu, son gouvernement ne pouvait être compromis. Mais son parti défend la réforme fiscale. Le MR souhaite d'abord baisser l'impôt sur les sociétés. C'est un must pour les libéraux francophones qui sentent la pression du patronat en Wallonie. Que cette baisse soit couplée à une taxe sur la plus-value n'est pas un problème, au contraire. Comment ça ? Le MR se profile comme un parti libéral au caractère social. Une réforme de l'impôt sur les sociétés associée à une taxe sur les plus-values permet de souligner les deux aspects. Évidemment, beaucoup dépend du contenu. Cet impôt sur les plus-values peut être symbolique, avec juste assez de substance pour que le CD&V soit content. Est-ce un point litigieux pour les autres partis? Du PTB au CDH et Défi, tous les partis francophones plaident en faveur d'une fiscalité plus juste. C'est évidemment le PTB qui va le plus loin - le parti d'extrême gauche propose une taxe des millionnaires depuis des années. Le PS et Ecolo ne vont pas aussi loin, mais eux aussi défendent plus d'impôt sur le capital, même s'ils ne pèsent pas sur le débat : ça reste une matière fédérale. Les partis du gouvernement wallon seront surtout confrontés aux conséquences. Ils pourraient se profiler sur ce sujet à la Chambre. Ce n'est pas le cas, les partis d'opposition ne réussissent pas à proposer une alternative. En tant qu'ancien parti du gouvernement, le PS a du mal à se profiler. Il n'a pas saisi sa chance. Même dans les gouvernements d'Elio Di Rupo, ce sont surtout les libéraux francophones qui ont dirigé les réformes fiscales.