"Selon la CWaPE, ce report va coûter 25 euros par an, pendant 5 ans, aux ménages qui ne disposent pas de panneaux solaires. Le futur gouvernement a promis qu'il ne lèverait pas de nouvelles taxes. Mais augmenter le prix de l'électricité, c'est une taxe déguisée", a réagi le chef de file humaniste au Parlement de Wallonie, François Desquesnes.

"Le ministre-président sortant Willy Borsus a déjà tenté d'expliquer qu'il y a des solutions, via notamment des économies dans le système. Nous, nous demandons au prochain gouvernement - et c'est la première question que nous lui poserons - qu'il explique clairement comment il compte faire et quelle recette il va appliquer pour que cela n'augmente pas la facture des ménages qui n'ont pas de panneaux solaires", a-t-il poursuivi.

"Pour l'instant, le futur gouvernement nous propose un menu très alléchant mais sans aucun prix. Nous voulons savoir où sont les budgets, notamment sur cette question du tarif prosumer qui concerne de très nombreuses familles", a-t-il conclu.

Mercredi, la CWaPe, tout en saluant "les points convergents" de la déclaration de politique régionale, avait à nouveau plaidé pour une entrée en vigueur du tarif prosumer au 1er janvier 2020.

"À défaut, une charge importante continuera à être supportée dans les années à venir par ces citoyens qui sont sans panneaux, parfois parce qu'ils en ont fait le choix, mais parfois aussi parce qu'ils sont locataires, propriétaires d'appartements ou de maisons aux toits mal orientés", avait-elle répété en estimant par ailleurs que l'implication des citoyens dans la transition énergétique "pourrait être récompensée autrement que par une exonération du tarif prosumer, par exemple à travers la mise en place de signaux tarifaires innovants et dynamiques qui permettent un bon fonctionnement du réseau et un accueil accru des productions renouvelables".

De son côté, le ministre-président wallon sortant avait salué l'ouverture au dialogue du régulateur et avait rappelé l'engagement de la nouvelle coalition à favoriser une transition énergétique "au moindre coût", y compris pour les gestionnaires de réseau.

La question du tarif prosumer avait déjà empoisonné les dernières semaines de la majorité précédente, le ministre wallon en charge du secteur, Jean-Luc Crucke (MR) soutenant vigoureusement, contre le PS et Ecolo, un projet de décret qui visait à exonérer de ce tarif les quelque 150.000 ménages ayant installé avant le 1er juillet 2019 des panneaux photovoltaïques agréés sur leur toit.

Après de multiples palabres, le texte avait finalement été renvoyé au Conseil d'Etat à la fin du mois d'avril, un renvoi qui, à l'époque, avait été soutenu par le cdH.