La défense de Meng Wanzhou, arrêtée à Vancouver fin 2018 à la demande des Etats-Unis, affirme notamment que des commentaires de l'ex-président américain sur cette affaire, peu après l'arrestation de leur cliente fin 2018 à Vancouver, l'empêcheraient de bénéficier d'un procès équitable le cas échéant. "Tout le monde ici sait que dans cette affaire, l'éléphant dans la pièce (expression anglophone pour désigner une situation évidente que personne n'ose aborder ouvertement, ndlr) a toujours été les tourbillons géopolitiques qui l'entourent", a déclaré le représentant du ministère public Robert Frater lors d'une audience devant la Cour suprême de Colombie-Britannique à Vancouver. "Hier, mes amis ont essayé de faire entrer l'éléphant dans cette pièce", a-t-il ajouté. "Nous vous appelons à vous concentrer sur les faits et la loi et à laisser la politique aux politiciens." Il ne revient pas à un juge de décider si des considérations géopolitiques peuvent faire annuler une procédure d'extradition, mais au ministre de la Justice qui a le dernier mot dans une telle procédure, a-t-il fait valoir. Meng Wanzhou, 49 ans, est accusée par Washington d'avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran, ce qu'elle nie. Les Etats-Unis veulent la juger pour fraude bancaire. Ses avocats affirment que Donald Trump a "empoisonné" la procédure en affirmant lors d'une interview fin 2018 qu'il n'hésiterait pas à intervenir contre Mme Meng si cela permettait d'obtenir des concessions commerciales de la Chine. "Nous ne disons pas que les accusations (américaines) ont une motivation politique", a répliqué jeudi un des avocats de Mme Meng, Eric Gottardi. "Notre position, c'est que les commentaires de l'ancien président (...) ont constitué une récupération et une politisation de ce processus d'extradition". L'un des avocats de Meng Wanzhou avait affirmé mercredi que les déclarations de M. Trump avaient fait d'elle un "pion" dans la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Le procureur avait jugé ces allégations sans fondement, M. Trump n'étant plus à la Maison Blanche. Les relations entre Ottawa et Pékin traversent une crise sans précédent depuis l'arrestation en Chine de l'ex-diplomate canadien Michael Kovrig et de son compatriote Michael Spavor, accusés d'espionnage, quelques jours après celle de Meng Wanzhou le 1er décembre 2018 lors d'une escale à l'aéroport de Vancouver. Les audiences reprendront le 15 mars, et doivent se terminer mi-mai. (Belga)

La défense de Meng Wanzhou, arrêtée à Vancouver fin 2018 à la demande des Etats-Unis, affirme notamment que des commentaires de l'ex-président américain sur cette affaire, peu après l'arrestation de leur cliente fin 2018 à Vancouver, l'empêcheraient de bénéficier d'un procès équitable le cas échéant. "Tout le monde ici sait que dans cette affaire, l'éléphant dans la pièce (expression anglophone pour désigner une situation évidente que personne n'ose aborder ouvertement, ndlr) a toujours été les tourbillons géopolitiques qui l'entourent", a déclaré le représentant du ministère public Robert Frater lors d'une audience devant la Cour suprême de Colombie-Britannique à Vancouver. "Hier, mes amis ont essayé de faire entrer l'éléphant dans cette pièce", a-t-il ajouté. "Nous vous appelons à vous concentrer sur les faits et la loi et à laisser la politique aux politiciens." Il ne revient pas à un juge de décider si des considérations géopolitiques peuvent faire annuler une procédure d'extradition, mais au ministre de la Justice qui a le dernier mot dans une telle procédure, a-t-il fait valoir. Meng Wanzhou, 49 ans, est accusée par Washington d'avoir contourné les sanctions américaines contre l'Iran, ce qu'elle nie. Les Etats-Unis veulent la juger pour fraude bancaire. Ses avocats affirment que Donald Trump a "empoisonné" la procédure en affirmant lors d'une interview fin 2018 qu'il n'hésiterait pas à intervenir contre Mme Meng si cela permettait d'obtenir des concessions commerciales de la Chine. "Nous ne disons pas que les accusations (américaines) ont une motivation politique", a répliqué jeudi un des avocats de Mme Meng, Eric Gottardi. "Notre position, c'est que les commentaires de l'ancien président (...) ont constitué une récupération et une politisation de ce processus d'extradition". L'un des avocats de Meng Wanzhou avait affirmé mercredi que les déclarations de M. Trump avaient fait d'elle un "pion" dans la guerre commerciale entre les Etats-Unis et la Chine. Le procureur avait jugé ces allégations sans fondement, M. Trump n'étant plus à la Maison Blanche. Les relations entre Ottawa et Pékin traversent une crise sans précédent depuis l'arrestation en Chine de l'ex-diplomate canadien Michael Kovrig et de son compatriote Michael Spavor, accusés d'espionnage, quelques jours après celle de Meng Wanzhou le 1er décembre 2018 lors d'une escale à l'aéroport de Vancouver. Les audiences reprendront le 15 mars, et doivent se terminer mi-mai. (Belga)