Après cette annonce, M. Williamson, accusé d'être l'auteur des fuites et qui proteste de son innocence, a estimé dans un communiqué avoir été victime d'une "chasse aux sorcières". "Il faut une enquête appropriée, complète et impartiale sur cette chasse aux sorcières minable et non crédible qui a été si mal gérée par la Première ministre (Theresa May) et Mark Sedwill", le plus haut fonctionnaire du Royaume-Uni, a fustigé l'ex-ministre dans un communiqué. Ces fuites, portant sur des discussions tenues au cours d'un Conseil de sécurité nationale (National Security Council, NSC) qui sont soumises à un devoir de confidentialité, avaient provoqué des appels à l'ouverture d'une enquête judiciaire de la part d'élus de l'opposition, dont le député travailliste Tom Watson. Mais "les révélations (à la presse) ne contiennent pas d'informations susceptibles de violer la loi sur les secrets officiels (Official Secrets Act)", a déclaré dans un communiqué Neil Basu, l'un des plus hauts dirigeants de Scotland Yard. "Aucune infraction n'a été commise", a-t-il ajouté. "Dans ces circonstances, il serait inapproprié de mener une enquête." Tout avait commencé avec la révélation, le 23 avril par le quotidien The Telegraph, de la décision prise par Theresa May d'autoriser le groupe chinois Huawei à participer de manière limitée au déploiement de la 5G, malgré les avertissements des États-Unis qui soupçonnent le fabricant d'espionnage pour le compte de Pékin. Ce feu vert aurait été donné le jour-même lors d'une réunion du NSC, composé de ministres et de hauts responsables de la sécurité, et présidé par Theresa May. La fuite, alors que la décision officielle du gouvernement est attendue d'ici le mois de juin, avait entraîné l'ouverture d'une enquête interne. Le secrétaire du cabinet, Mark Sedwill, le plus haut fonctionnaire du Royaume-Uni, avait écrit aux personnes présentes à la réunion pour leur demander si elles en étaient responsables. Plusieurs ministres, dont Gavin Williamson, avaient publiquement rejeté toute responsabilité dans les fuites. Mais mercredi, Mme May a demandé à M. Williamson de quitter le gouvernement, affirmant avoir des "preuves irréfutables" de son implication et estimant qu'il n'y avait "aucune autre version crédible des événements pour expliquer cette fuite". Dans une lettre adressée à la Première ministre, M. Williamson avait ensuite nié toute implication. Il a affirmé à SkyNews que son limogeage était une "décision prise pour des raisons politiques". Il a été remplacé par l'eurosceptique Penny Mordaunt, jusqu'alors ministre du Développement international. (Belga)