Le président Béchir a nommé au poste de Premier ministre Mohamed Taher Ela, ancien gouverneur de l'Etat agricole d'Al-Jazira, a indiqué la présidence dans un communiqué. Il a également limogé samedi son premier vice-président et allié de longue date Bakri Hassan Saleh. Selon un décret présidentiel, le ministre de la Défense Awad Ibnouf a été choisi pour remplacer M. Saleh, qui avait pris part en 1989 au coup d'Etat de M. Béchir soutenu par les islamistes. Ces changements interviennent au lendemain de la déclaration de l'état d'urgence dans tout le pays alors que M. Béchir tente de minimiser l'ampleur des manifestations contre son régime. M. Saleh, un proche du président durant trois décennies, avait été ministre de l'Intérieur et de la Défense. Il avait été nommé Premier ministre en mars 2017. M. Saleh conseillait également le chef de l'Etat sur la sécurité nationale, alors qu'il était le chef du puissant Service national du renseignement et de la sécurité (NISS) dans les années 1990. Le Soudan connaît depuis plus de deux mois des manifestations quasi-quotidiennes qui dénonçaient dans un premier temps le triplement du prix du pain avant de se transformer en appels à la chute du régime d'Omar el-Béchir, qui dirige le pays d'une main de fer depuis 30 ans. Depuis le 19 décembre 2018, 31 personnes sont mortes lors des manifestations selon les autorités, 51 selon l'ONG Human Rights Watch (HRW), dont des enfants et des personnels médicaux. Des centaines de manifestants, dont des chefs de l'opposition, des militants et des journalistes, ont été emprisonnés par le NISS. (Belga)