Outre les arguments environnementaux (manque de vision sur la gestion des déchets, "risques pour la sécurité",...), Eneco estime également que le nucléaire n'est pas assez fiable, M. Delmée rappelant en exemple l'indisponibilité des centrales l'hiver dernier, et surtout pas assez flexible. Mais ce qui inquiète fondamentalement le groupe dans la perspective d'une prolongation "d'une grande partie de la capacité nucléaire", c'est que cela pourrait "bloquer le développement du renouvelable, en repoussant l'urgence".

Pour le groupe, les centrales au gaz sont plus appropriées pour mener la transition énergétique. Leur avantage premier: contrairement aux centrales nucléaires, "elles peuvent être mises à l'arrêt ou relancées quand vous le souhaitez", ce qui permet donc une meilleure gestion des pics tant de demande que de production.

Eneco espère pouvoir proposer une énergie 100% renouvelable et locale pour les prosumers d'ici 2050 et donc se passer du gaz naturel. Un objectif encore impossible à atteindre actuellement. "Il n'y a pas toujours de vent ou de soleil" et en l'absence de moyens pour stocker durablement l'électricité, "une autre source est nécessaire". Le gaz donc, comme moindre mal. Pour dépendre le moins possible des autres acteurs, Eneco envisage actuellement deux options: la construction d'une centrale à Manage (Seneffe, d'une capacité de 870 MW) et un deal avec les propriétaires de la centrale de Vilvorde (255 MW) pour pouvoir disposer de son électricité.

Pour augmenter ses capacités, la reprise d'Elicio pourrait également être une option. "Nous sommes déjà partenaires, on les connait très bien. On attend de voir comme ça va évoluer (...), c'est illogique que nous n'ayons pas eu l'occasion de participer au rachat", déplore encore Jean-Jacques Delmée.