La France, à la pointe des quelques pays récalcitrants, réclame avant tout une révision du processus d'adhésion. La Commission européenne avait pourtant reconnu récemment que les deux pays étaient prêts pour entamer le long parcours d'obstacles vers l'adhésion. Une majorité d'Etats membres semble aussi en convenir. Mais la France conteste cette analyse. Mardi déjà, elle avait été le seul Etat membre à refuser un compromis consistant à entamer tout de suite les discussions sur l'ouverture de négociations avec la Macédoine du Nord et à reporter la décision sur l'Albanie à mars 2020, selon un diplomate. Derrière cette "fatigue de l'élargissement", d'aucuns soupçonnent aussi le président Emmanuel Macron de ne pas vouloir froisser un électorat hostile, alors que des élections municipales sont prévues en mars 2020 dans son pays. Les Pays-Bas seraient eux aussi récalcitrants, de même que le Danemark. D'un autre côté, beaucoup de pays se montrent soucieux de ne pas décourager des pays méritants, ce qui pourrait les déstabiliser et les faire basculer dans un autre camp par dépit. Ils plaident donc pour leur ouvrir une perspective d'adhésion. Le débat pourrait être repoussé à un prochain Conseil européen. A moins qu'il ne reprenne dès ce vendredi, comme souhaité par le Premier ministre finlandais Antti Rinne, dont le pays préside actuellement le Conseil de l'UE. (Belga)