L'actuel CFP - qui porte sur la période 2014-2020 - avait été adopté tardivement, entraînant un retard dans le lancement de nouveaux programmes. Voulant éviter qu'un tel scénario ne se reproduise, les leaders européens avaient indiqué lors d'un sommet en décembre dernier leur ambition d'atterrir à l'automne 2019, et ce alors que la Commission et le Parlement les pressaient déjà de s'entendre avant les élections européennes. Réunis à Bruxelles jeudi soir, les dirigeants ont une nouvelle fois repoussé l'échéance. Dans ses conclusions, le Conseil européen appelle "la présidence finlandaise (qui débutera le 1er juillet, ndlr) à poursuivre le travail et à développer un cadre de négociations". "Sur cette base, le Conseil procédera à un échange de vues en octobre, avec pour objectif un accord avant la fin de l'année", peut-on lire. Pour compenser la perte de la contribution britannique et financer de nouveaux besoins (politique migratoire et des frontières, défense, emploi, Erasmus+, etc.), la Commission européenne a proposé des coupes dans la politique agricole commune (-5%) et les fonds de cohésion (-6%), ce qui est plutôt mal passé chez les principaux bénéficiaires de ces politiques historiques. Des pays du nord comme les Pays-Bas, la Suède, le Danemark ou la Finlande veulent par ailleurs réduire à 1% du revenu national brut (RNB) l'enveloppe totale proposée par la Commission (1,114%), tandis que d'autres souhaitent augmenter les sources de recettes au budget de l'UE. Sous la présidence roumaine, les échanges n'ont pas permis de beaucoup rapprocher les points de vue des différents États. Le commissaire en charge du Budget, Günther Oettinger, s'en est d'ailleurs inquiété mi-juin. "Nous devons absolument accélérer le rythme. Il est temps d'avancer", avait-il lancé. (Belga)