Constamment en évolution, les besoins et les attentes en soins de santé demandent des réponses et des solutions adaptées. Les enjeux sont énormes : vieillissement de la population, augmentation des maladies chroniques et des patients souffrant d'affections multiples, difficultés financières pour plus d'un hôpital sur trois, accessibilité aux traitements, etc. Pour faire face à ces défis et garantir aux générations futures des soins de santé de qualité, une réforme des soins de santé est indispensable.

Un budget des soins de santé augmenté

Clarifions la situation. Oui, des économies sont nécessaires. Des investissements également. C'est pourquoi le Gouvernement fédéral souhaite avant tout optimaliser l'utilisation des moyens disponibles. Malgré des économies annoncées, le budget global des soins de santé 2017 a été augmenté de 584 millions et représente au total plus de 24 milliards d'euros.

C'est vrai, la participation du patient a été augmentée dans quelques domaines ciblés. Mais elle ne représente que 5% de l'effort budgétaire, contre 45% pour l'industrie pharmaceutique, 40% pour les prestataires de soins et 10% pour les hôpitaux via leur réforme.

Toutes les mesures prises émanent de rapports d'experts et ont été concertées avec les professionnels du secteur. Par exemple l'augmentation du prix de certains antibiotiques. Rappelons que leur usage excessif représente un risque pour la santé publique. La plupart des infections hivernales (rhumes, grippes, laryngites...) sont d'origine virale. La prise d'antibiotiques dans ces cas est inutile et accroît la résistance des microbes avec le risque que lorsqu'on en a besoin, les antibiotiques ne soient plus efficaces. Pour les antiacides, les mesures ne concernent que les grosses boîtes de 60 comprimés. Les plus petits conditionnements sont toujours remboursés. On lutte aussi contre la surconsommation des décongestionnants nasaux. Leur utilisation excessive a un effet négatif sur la santé. Ceux-ci seront donc désormais disponibles en vente libre, mais ne seront plus remboursés (excepté les sprays à base de cortisone qui restent remboursés sur prescription médicale).

Réformer pour mieux soigner

Toutes les critiques entendues ces derniers mois font oublier que le gouvernement fédéral encourage l'utilisation des médicaments les moins chers, dont le prix diminue. Ce gouvernement agit aussi en faveur des thérapies innovantes. Hépatite C, immunothérapie pour lutter contre le cancer, traitement du VIH : tous ces traitements extrêmement coûteux donnent de bons résultats et sont désormais accessibles plus rapidement tout en coûtant moins cher aux patients.

Le Gouvernement fédéral a également entrepris une vaste réforme du financement des hôpitaux.

Cette réforme sera un succès si, dans le même temps, l'organisation du paysage hospitalier est adaptée en conséquence et si le concept d'hôpital est redéfini. Le challenge du gouvernement et de la Ministre de la Santé publique Maggie de Block sera d'implémenter un nouveau système de financement des hôpitaux permettant de couvrir les frais de fonctionnement de ceux-ci tout en s'adaptant correctement à l'évolution des besoins.

Cela sera-t-il possible ? Pour répondre à cette question, soulignons qu'en comparaison avec les autres pays de l'OCDE, les hôpitaux belges présentent un nombre élevé de lits aigus, les admissions y sont plus fréquentes et la durée moyenne de séjour y est plus longue. Force est également de constater que le nombre de lits en maternité est supérieur à la moyenne européenne et que la durée de séjour y est également plus longue. Enfin, avec une utilisation de radiographies et de scanners supérieure à la moyenne européenne, la population belge est, bien plus que celle des pays voisins, exposée à des radiations ionisantes trop importantes. Ces constats révèlent qu'il est bien nécessaire d'optimaliser et de réorganiser les soins de santé en Belgique.

Toutefois, à l'image des projets pilotes visant à accompagner les mamans et les bébés à leur domicile suite à une sortie plus rapide de la maternité, la qualité des soins, leur accessibilité et le bien-être des patients doivent rester au centre de ces réformes.

Nous croyons en la modernisation du système des soins de santé. Nous croyons au renforcement de son accessibilité grâce à l'accroissement des collaborations et des réseaux. Enfin, nous croyons en une amélioration de notre système grâce au décloisonnement et au développement de soins intégrés entre les hôpitaux, leurs partenaires de 1ère ligne et l'ensemble des institutions de santé.

Là résident les conditions indispensables à la réussite de ce vaste chantier initié par le Gouvernement fédéral. Un chantier qui a pour objectif de garantir une médecine de qualité, accessible à tous, et ce, pour aujourd'hui et pour demain.

Jacques Brotchi, médecin et sénateur MR

Frédéric Flamand, Directeur médical du Centre de Santé des Fagnes (Chimay)

Constamment en évolution, les besoins et les attentes en soins de santé demandent des réponses et des solutions adaptées. Les enjeux sont énormes : vieillissement de la population, augmentation des maladies chroniques et des patients souffrant d'affections multiples, difficultés financières pour plus d'un hôpital sur trois, accessibilité aux traitements, etc. Pour faire face à ces défis et garantir aux générations futures des soins de santé de qualité, une réforme des soins de santé est indispensable. Un budget des soins de santé augmenté Clarifions la situation. Oui, des économies sont nécessaires. Des investissements également. C'est pourquoi le Gouvernement fédéral souhaite avant tout optimaliser l'utilisation des moyens disponibles. Malgré des économies annoncées, le budget global des soins de santé 2017 a été augmenté de 584 millions et représente au total plus de 24 milliards d'euros. C'est vrai, la participation du patient a été augmentée dans quelques domaines ciblés. Mais elle ne représente que 5% de l'effort budgétaire, contre 45% pour l'industrie pharmaceutique, 40% pour les prestataires de soins et 10% pour les hôpitaux via leur réforme. Toutes les mesures prises émanent de rapports d'experts et ont été concertées avec les professionnels du secteur. Par exemple l'augmentation du prix de certains antibiotiques. Rappelons que leur usage excessif représente un risque pour la santé publique. La plupart des infections hivernales (rhumes, grippes, laryngites...) sont d'origine virale. La prise d'antibiotiques dans ces cas est inutile et accroît la résistance des microbes avec le risque que lorsqu'on en a besoin, les antibiotiques ne soient plus efficaces. Pour les antiacides, les mesures ne concernent que les grosses boîtes de 60 comprimés. Les plus petits conditionnements sont toujours remboursés. On lutte aussi contre la surconsommation des décongestionnants nasaux. Leur utilisation excessive a un effet négatif sur la santé. Ceux-ci seront donc désormais disponibles en vente libre, mais ne seront plus remboursés (excepté les sprays à base de cortisone qui restent remboursés sur prescription médicale).Réformer pour mieux soignerToutes les critiques entendues ces derniers mois font oublier que le gouvernement fédéral encourage l'utilisation des médicaments les moins chers, dont le prix diminue. Ce gouvernement agit aussi en faveur des thérapies innovantes. Hépatite C, immunothérapie pour lutter contre le cancer, traitement du VIH : tous ces traitements extrêmement coûteux donnent de bons résultats et sont désormais accessibles plus rapidement tout en coûtant moins cher aux patients.Le Gouvernement fédéral a également entrepris une vaste réforme du financement des hôpitaux. Cette réforme sera un succès si, dans le même temps, l'organisation du paysage hospitalier est adaptée en conséquence et si le concept d'hôpital est redéfini. Le challenge du gouvernement et de la Ministre de la Santé publique Maggie de Block sera d'implémenter un nouveau système de financement des hôpitaux permettant de couvrir les frais de fonctionnement de ceux-ci tout en s'adaptant correctement à l'évolution des besoins.Cela sera-t-il possible ? Pour répondre à cette question, soulignons qu'en comparaison avec les autres pays de l'OCDE, les hôpitaux belges présentent un nombre élevé de lits aigus, les admissions y sont plus fréquentes et la durée moyenne de séjour y est plus longue. Force est également de constater que le nombre de lits en maternité est supérieur à la moyenne européenne et que la durée de séjour y est également plus longue. Enfin, avec une utilisation de radiographies et de scanners supérieure à la moyenne européenne, la population belge est, bien plus que celle des pays voisins, exposée à des radiations ionisantes trop importantes. Ces constats révèlent qu'il est bien nécessaire d'optimaliser et de réorganiser les soins de santé en Belgique. Toutefois, à l'image des projets pilotes visant à accompagner les mamans et les bébés à leur domicile suite à une sortie plus rapide de la maternité, la qualité des soins, leur accessibilité et le bien-être des patients doivent rester au centre de ces réformes. Nous croyons en la modernisation du système des soins de santé. Nous croyons au renforcement de son accessibilité grâce à l'accroissement des collaborations et des réseaux. Enfin, nous croyons en une amélioration de notre système grâce au décloisonnement et au développement de soins intégrés entre les hôpitaux, leurs partenaires de 1ère ligne et l'ensemble des institutions de santé. Là résident les conditions indispensables à la réussite de ce vaste chantier initié par le Gouvernement fédéral. Un chantier qui a pour objectif de garantir une médecine de qualité, accessible à tous, et ce, pour aujourd'hui et pour demain. Jacques Brotchi, médecin et sénateur MR Frédéric Flamand, Directeur médical du Centre de Santé des Fagnes (Chimay)