Jeudi soir, les 28 ne sont en effet pas parvenus à s'entendre afin de permettre le début de discussions avec Skopje et Tirana. La Commission européenne avait pourtant reconnu que ces deux pays étaient prêts pour entamer le long parcours d'obstacles vers l'adhésion. La France, à la tête de quelques Etats membres récalcitrants, n'a toutefois rien voulu entendre. Paris a réclamé une révision complète du processus d'adhésion avant l'ouverture de nouveaux pourparlers. Les Pays-Bas et le Danemark ont, eux aussi, rejeté l'entame de négociations. Le refus de ces Etats, fustigé par Jean-Claude Juncker lors d'une conférence de presse, a également été déploré par le président du Conseil européen, Donald Tusk. "Je pense que c'est une erreur", a commenté le Polonais, appelant les Macédoniens et les Albanais à ne pas renoncer à leur désir d'intégration européenne. M. Tusk a ensuite affirmé espérer qu'il ne s'agirait que d'une "crise de courte durée" pour l'UE et pas de la fin du processus pour ces pays balkaniques. "Une solution doit être trouvée avant mai 2020", date à laquelle un sommet consacré aux Balkans occidentaux se tiendra à Zagreb, a-t-il poursuivi. Vendredi matin, plusieurs Etats membres ont déploré l'absence de consensus sur cette question, tout en insistant sur la nécessité de ne pas décourager des pays méritants, sans quoi ceux-ci pourraient être déstabilisés et basculer dans un autre camp par dépit. "De nombreux autres acteurs" tentent de jouer un rôle dans cette région, a notamment mis en garde le Premier ministre belge, Charles Michel, qui reprendra ce dossier dès décembre en tant que président du Conseil européen. Un avertissement similaire a été exprimé, plus explicitement, par le Premier ministre bulgare, Boyko Borissov. Si l'Europe se détourne des Balkans, des Etats comme la Russie, la Chine et la Turquie en profiteront, a-t-il lancé. (Belga)