Dans un hémicycle quasi-complet, à l'issue d'une séance marathon de neuf heures, parfois agitée, 124 députés ont voté pour, et seulement sept contre, a annoncé le président de l'Assemblée nationale Moustapha Niasse peu après 19h00 (21h00 HB). Un vote sans suspense, le pouvoir disposant d'une large majorité au parlement. Cette révision, qui porte sur une vingtaine d'articles de la Constitution, établit un nouvel équilibre entre les pouvoirs, en renforçant le caractère présidentiel du régime sénégalais. Outre la suppression du poste de Premier ministre, prévue à brève échéance, l'autre grand changement sera que le président de la République ne pourra plus dissoudre l'Assemblée nationale, laquelle ne pourra plus déposer une motion de censure pour renverser le gouvernement. Cette réforme n'est pas "politique", mais "uniquement technique et administrative". "L'objectif n'est pas d'accroître les pouvoirs du président de la République", a plaidé devant les députés le ministre de la Justice Malick Sall face aux critiques de l'opposition. Au pouvoir depuis 2012, et réélu fin février, le président Macky Sall a promis d'accélérer les transformations de l'économie sénégalaise, et entend, par la suppression du poste de Premier ministre, mettre fin aux "goulets d'étranglement" en étant "directement au contact avec les niveaux administratifs", selon ses services. Les principaux partis d'opposition se sont opposés à la révision constitutionnelle. Le Sénégal, qui fait figure de modèle démocratique en Afrique, s'était déjà passé de Premier ministre dans les années 1960 sous la présidence de Léopold Sédar Senghor et au début des années 1980 sous celle d'Abdou Diouf. L'actuel chef du gouvernement, Mahammed Boun Abdallah Dionne, reconduit le 6 avril, doit maintenant préparer la disparition de sa fonction. (Belga)