Selon Vivaqua, on ne souffrirait d'aucune pénurie en Région bruxelloise. Selon le ministre wallon de l'Environnement, Carlo Di Antonio, il en irait de même en Wallonie. On se montre, par contre, nettement moins rassurant en Flandre. La région a actionné, et ce dès jeudi dernier, le code jaune pour la sécheresse dans les provinces de Flandre occidentale, Flandre orientale et Brabant. Il est vrai que la situation varie fortement d'une région à l'autre. Le point.
...

Selon Vivaqua, on ne souffrirait d'aucune pénurie en Région bruxelloise. Selon le ministre wallon de l'Environnement, Carlo Di Antonio, il en irait de même en Wallonie. On se montre, par contre, nettement moins rassurant en Flandre. La région a actionné, et ce dès jeudi dernier, le code jaune pour la sécheresse dans les provinces de Flandre occidentale, Flandre orientale et Brabant. Il est vrai que la situation varie fortement d'une région à l'autre. Le point. En Wallonie, 70% de l'eau potable provient de l'eau souterraine. "Nous sommes donc bien moins soumis aux difficultés liées à la sécheresse que la Flandre qui prélève majoritairement son eau potabilisable en eaux de surface", précise le gouvernement wallon sur base des conclusions de la Cellule Sécheresse. Une cellule qui comprend des représentants des services concernés du Service Public de Wallonie, du secteur de la production et distribution d'eau potable et du secteur de l'énergie hydroélectrique.À Bruxelles, non plus, on ne serait pas confrontés à une pénurie notable.Tout au plus on admet que "la consommation en eau a augmenté ces derniers jours de 15 à 20%", indique-t-on chez Vivaqua. "En raison des fortes chaleurs, les gens prennent deux douches au lieu d'une, arrosent davantage leur jardin, etc. La demande est donc momentanément plus importante que les ressources disponibles. Mais avec les départs en vacances et les congés du bâtiment qui débutent ce 2 juillet, la demande en eau devrait diminuer dans les prochains jours. "En ce moment, les nappes ne sont certes pas en capacité maximale, mais la situation n'est pas alarmante", assurait-on encore Vivaqua. "Aucune restriction n'est à l'ordre du jour pour le moment." La région de Bruxelles est approvisionnée en eau par 26 sites de captage. Seules deux stations de captage sont situées sur le territoire bruxellois, dans le bois de la Cambre et la forêt de Soignes. Les 24 autres sont situés en Wallonie. Depuis la réorganisation de Vivaqua début 2018, Bruxelles n'est en effet plus approvisionnée par des captages situés en Flandre. S'il n'y a pas de quoi s'alarmer, les deux entités appellent tout de même à consommer l'eau "avec parcimonie".Bientôt des robinets à sec ? En Flandre, on se montre par contre nettement moins rassurant. L'actualité des derniers jours a montré de façon limpide que les réserves d'eau dans cette région ne sont pas infinies. Ce lundi, un groupe d'experts sonnent même l'alarme dans De Morgen : il n'est pas impossible, qu'à un moment, plus une goutte d'eau ne sorte des robinets. De nombreuses provinces ont déjà enclenché le code jaune il y a quelques jours. Mais, selon ces mêmes experts, ce n'est pas en interdisant d'arroser son jardin ou de remplir des piscines que l'on va améliorer la situation. "Si la sécheresse perdure d'ici un mois et demi les robinets seront secs" disent-ils, en substance, dans De Morgen. "Il ne faut tout simplement jamais gaspiller l'eau, et ce durant toute l'année ", explique le professeur de génie hydraulique Patrick Willems (KU Leuven) dans De Morgen. "Si nous voulons éviter une grave pénurie d'eau, nous devons agir en nous assurant un meilleur stockage des eaux pendant les périodes humides, mais aussi que l'eau puisse davantage s'infiltrer dans le sol. Le pays est trop construit et tout ce béton et ce bitume empêchent l'eau de rejoindre les nappes phréatiques. Mais, surtout, nous devons sensibiliser les gens, l'agriculture et l'industrie à une meilleure utilisation de l'eau.""En Flandre, il y a environ 1 500 mètres cubes d'eau disponible par personne et par an", précise Willems "ce chiffre est déterminé par la quantité d'eau disponible suite aux précipitations et par les cours d'eau, ainsi que par la quantité d'eau nécessaire pour l'industrie et l'agriculture. Si on tombe à moins de 1 000 mètres cubes, on est en situation de grave pénurie d'eau. Une situation qu'on ne rencontre qu'en Afrique du Nord et au Moyen-Orient. Mais, en réalité, dès qu'on se retrouve dans une situation où est à moins de 2 000 mètres cubes par personne, c'est déjà problématique. " Or, avec le changement climatique, ce genre de périodes de sécheresse est plus fréquent. Les scientifiques estiment que les hivers sont 30% plus humides, mais les étés deviennent 50% plus secs. Et même, s'il arrive qu'il pleuve en été, on est confronté à une ce qu'on appelle une averse intense. Qui, si elle peut être impressionnante, voire destructrice, est courte et ne compense pas, selon Willems, le nombre de jours pluvieux. La situation en Flandre est donc alarmante, car si les réserves d'eau sont vides et bien elles sont vides. D'autant plus que selon l'aveu même de la ministre Schauvliege un premier ensemble de mesures sur le long terme n'est prévu que pour 2021. La crise de l'eau : un problème mondial Selon le dernier rapport des Nations Unies paru en mars 2018, d'ici 2050, au moins une personne sur quatre vivra dans un pays où le manque d'eau douce sera chronique ou récurrent. On estime que 40% de la population mondiale est aujourd'hui touchée par une pénurie d'eau. 80% des eaux usées sont rejetées sans traitement dans l'environnement et plus de 90% des catastrophes sont liées à l'eau. Plus de 2 milliards de personnes n'ont pas accès à l'eau potable et plus de 4,5 milliards de personnes ne disposent pas de services d'assainissement adéquats."Sans une gestion efficace de nos ressources en eau, nous risquons d'intensifier les conflits entre les communautés et les secteurs et même d'accroître les tensions entre les nations", a prévenu le Secrétaire général. "Alors que la demande d'eau douce devrait augmenter de plus de 40% au milieu du siècle et que le changement climatique a un impact croissant, la pénurie d'eau est une énorme préoccupation", a dit M. Guterres, précisant que les villes, les industries et l'agriculture en dépendent. Le secteur agricole étant le plus grand consommateur d'eau douce, responsable de pratiquement 70 % des prélèvements d'eau dans le monde.